Les deux policiers de l’antenne de l’office antistupéfiants (Ofast) de Marseille mis en examen vendredi pour trafic de stupéfiants et blanchiment à Paris ont été incarcérés, a fait savoir, samedi 5 avril, le parquet de Paris et de la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée, sollicité par l’Agence France-Presse.

L’un d’eux a été placé en détention provisoire par un juge des libertés et de la détention (JLD), conformément aux réquisitions du parquet, qui soulignait le risque de concertation. L’autre a demandé un débat différé et a été incarcéré d’ici à sa tenue, a précisé le parquet.

Selon le ministère public, les investigations « ont révélé des échanges entre des policiers et d’autres personnes, portant sur la cession d’au moins 360 kilos de cocaïne, en dehors de tout contrôle hiérarchique, et sur la dissimulation des quantités réelles arrivées sur le territoire » lors d’une livraison surveillée de drogue venue de Colombie en 2023.

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« Surveillance policière éventée »

A l’issue de leur garde à vue commencée lundi, les deux policiers ont été mis en examen, vendredi, notamment pour « importation et trafic de stupéfiants en bande organisée, blanchiment, association de malfaiteurs, faux en écriture publique ».

Une enquête avait été lancée sur la base d’un renseignement anonyme en février 2023, portant sur une arrivée de cocaïne au port de Marseille, envoyée par container depuis la Colombie, et à destination de la région parisienne.

« Dans le cadre de cette enquête, il avait été convenu de surveiller l’arrivée d’une cargaison de 180 à 200 kilos de cocaïne ; or il s’est avéré que cette livraison a permis l’entrée sur le territoire de près de 400 kilos de cocaïne », selon le parquet.

D’après la même source, « face à la différence entre les informations reçues et constatées, l’Ofast [de] Nanterre s’était désengagé des opérations » et « plusieurs acteurs du dossier s’étaient par ailleurs étonnés de la difficulté avec laquelle ces stupéfiants auraient été écoulés à Marseille, laissant entendre que la surveillance policière était éventée ».

L’enquête initiale a été close en janvier 2024, sans interpellation. Le même mois, l’inspection générale de la police nationale (IGPN) « avait été saisie en interne, de soupçons pesant sur les conditions de cette importation ». Le 13 février, deux personnes ont été mises en examen pour importation et trafic de stupéfiants, et placées en détention provisoire.

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Le Monde avec AFP

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