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En quelques phrases décousues mais glaçantes, Donald Trump a rappelé, samedi 10 février, ce que signifierait un éventuel deuxième mandat de l’ancien président pour l’équilibre des forces dans le monde. En meeting à Conway (Caroline du Sud), prochaine étape des primaires républicaines, il a suggéré qu’il laisserait la Russie attaquer tout membre de l’OTAN qui ne contribuerait pas suffisamment au budget de l’Alliance. Trump a prétendu restituer une discussion avec un chef d’Etat important, qui lui aurait demandé si les Etats-Unis protégeraient son pays en cas d’offensive de Moscou. « J’ai dit : “Vous n’avez pas payé ? Vous êtes des mauvais payeurs ? (…) Non, je ne vous protégerais pas.” En fait, j’encouragerais [les Russes] à faire ce que bon leur semble. »

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Mépris pour les alliés traditionnels de l’Amérique, tentation isolationniste et nouvel indice de complaisance envers Vladimir Poutine : les réactions se sont multipliées de part et d’autre de l’Atlantique. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a dénoncé ces propos. « Toute suggestion que les alliés ne se défendront pas mutuellement affaiblit notre sécurité à tous, dont celle des Etats-Unis, et accroît le danger pesant sur les soldats américains et européens », a-t-il écrit.

Même tonalité à la Maison Blanche. « Encourager les invasions de nos plus proches alliés par des régimes meurtriers est scandaleux et délirant, a réagi Andrew Bates, porte-parole adjoint de la présidence. Et cela met en danger la sécurité nationale américaine, la stabilité mondiale et notre économie chez nous. » Pour l’administration Biden, ces propos de Donald Trump sont aussi l’occasion de réorienter les projecteurs sur lui et de rappeler le danger qu’il représente. La fin de semaine fut très difficile pour le président démocrate, confronté au débat croissant sur ses capacités physiques et cognitives.

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Approche purement transactionnelle

Le fait que Donald Trump considère l’OTAN comme un simple syndic de copropriété dans lequel les charges seraient inégalement réparties n’est pas une surprise. En 2000, dans son livre The America We deserve (« L’Amérique que nous méritons », non traduit, Renaissance Books), il écrivait déjà ceci au sujet des « animosités » entre « factions » en Europe orientale : « Leurs conflits ne valent pas des vies américaines. Se retirer d’Europe permettrait à ce pays [les Etats-Unis] d’économiser des millions de dollars par an. »

Sous sa présidence, cette approche purement transactionnelle, au mépris de l’histoire, avait déjà nourri des spéculations sur un retrait américain de l’Alliance. Il semble que le favori des primaires républicaines franchisse un pas supplémentaire. Alors que la guerre en Ukraine fait rage, il attaque l’un des piliers de la charte commune, l’article 5, qui énonce les termes de la solidarité entre ses membres si l’un d’eux était attaqué.

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