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Histoires Web mercredi, février 21
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Donald Trump peut exulter. Après sa victoire à la primaire du New Hampshire, le 23 janvier, il fait plus que jamais figure de probable candidat républicain à l’élection présidentielle du 5 novembre. L’ancien président multiplie déjà les attaques contre Joe Biden sur un terrain où on n’attendait pas forcément le chantre de « l’Amérique d’abord » : la politique étrangère.

A l’en croire, les deux guerres dans lesquelles sont engagés indirectement les Etats-Unis, en Ukraine et au Proche-Orient, seraient la preuve de l’incompétence du démocrate et avec lui des « adultes », autrement dit les experts de l’étoffe de ceux qui l’avaient entouré à ses débuts à la Maison Blanche jusqu’à ce qu’il s’en affranchisse pour faire jouer, de son point de vue, des instincts indiscutables d’homme d’Etat.

Cette posture passe sous silence le propre legs diplomatique de Donald Trump, singulièrement au Proche-Orient, où il a considérablement pesé sur les choix stratégiques de son pays avec des résultats qui apparaissent aujourd’hui particulièrement discutables. Cela vaut en premier lieu pour ce qui a longtemps été considéré comme un tournant : la normalisation inconditionnelle des relations diplomatiques entre Israël et des pays du Golfe, les Emirats arabes unis et Bahreïn. Le Maroc s’y est ajouté après avoir engrangé la soudaine reconnaissance par Donald Trump de sa souveraineté sur le Sahara occidental, octroyée dans une logique purement transactionnelle.

Dérive droitière

« Ces accords serviront de base à une paix globale dans toute la région, quelque chose que personne ne pensait possible, certainement pas à notre époque, peut-être dans plusieurs décennies, une paix fondée sur des intérêts partagés, le respect mutuel et l’amitié », avait affirmé l’ancien homme d’affaires lors de la cérémonie de signature des accords d’Abraham, le 15 septembre 2020. La grandiloquence avait masqué le fait que les pays concernés ne s’étaient jamais affrontés les armes à la main. Surtout, un mot avait été sciemment évité dans son discours : « Palestinien ».

Cette omission était cohérente avec les décisions antérieures rompant avec un consensus observé scrupuleusement jusqu’à son arrivée dans le bureau Ovale par les administrations démocrates et républicaines successives.

Outre la reconnaissance unilatérale de la souveraineté israélienne sur le plateau syrien du Golan, on doit citer parmi ses décisions les plus controversées celles de déplacer l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem et de nommer un ambassadeur favorable à la colonisation israélienne en Cisjordanie. Ou encore de fermer la délégation palestinienne à Washington, de couper les financements américains à l’agence onusienne chargée des réfugiés palestiniens et enfin de formuler un plan de paix calqué jusqu’à la caricature sur les seuls intérêts de l’Etat hébreu. Ce plan se traduisait par l’annexion potentielle de pans entiers de la Cisjordanie.

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