Des villages du Liban sud sommés par l’armée israélienne d’évacuer des déplacés

Des maires de plusieurs villages frontaliers du sud du Liban ont déclaré lundi avoir reçu des appels de l’armée israélienne leur demandant de forcer les déplacés ayant fui des localités voisines à majorité chiite à quitter les lieux.

« L’armée israélienne m’a contacté dimanche, me demandant de “nettoyer le village dans un délai de vingt-quatre heures” », a déclaré à l’Agence France-Presse, lundi, le maire de Kaoukaba, un village de la région de Hasbaya, joint au téléphone. Selon lui, 21 familles déplacées vont devoir quitter Kaoukaba lundi.

« Je n’avais d’autre choix », a affirmé cet édile, que de leur demander de partir, « afin d’éviter qu’Israël les prenne pour cible, tout en protégeant les habitants de mon village du danger », a-t-il expliqué.

Le maire a ajouté avoir été contacté à plusieurs reprises par l’armée israélienne au cours de la semaine dernière, qui lui a demandé de fournir les noms des déplacés dans sa localité. « J’ai refusé de divulguer les noms, pour ne pas enfreindre les lois libanaises, et j’ai souligné qu’il s’agissait de civils innocents, dans un effort de les maintenir chez nous », a-t-il ajouté.

Un même scénario s’est produit dans le village voisin d’Abu Qamha, dans la même région, dont le maire, Michel Abu Rachid, a raconté avoir reçu dimanche un appel de l’armée israélienne, lui demandant les noms des personnes déplacées qui s’y trouvent, rapporte encore l’Agence France-Presse. Comme son voisin, il a affirmé ne pas avoir donné suite à cette requête.

Plusieurs autres villages de la région ont rapporté avoir dû demander aux déplacés de partir, à la suite d’avertissements israéliens similaires.

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