Le président américain, Donald Trump, à Washington, le 2 mars 2026.

La « relation spéciale », qui désigne le lien historiquement privilégié entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, « n’est plus ce qu’elle était », a estimé, mardi 3 mars, Donald Trump dans une interview donnée au quotidien britannique The Sun, en plein contexte de guerre au Moyen-Orient.

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« C’était de loin la relation la plus solide de toutes. Et maintenant, nous avons des liens très forts avec d’autres pays en Europe », a lancé le président américain, en louant notamment la France et l’Allemagne. « C’est très triste de voir que la relation n’est manifestement plus ce qu’elle était », a-t-il ajouté.

Selon Donald Trump, le premier ministre britannique, Keir Starmer, « n’a pas été coopératif » quant aux frappes que mène Washington en Iran : « Je n’aurais jamais pensé voir ça, je n’aurais jamais pensé voir ça de la part du Royaume-Uni. [Keir Starmer] aurait dû aider… il aurait dû. »

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A la source de ces critiques, la question de l’utilisation, par l’armée américaine, de la base britannique de Diego Garcia, située dans l’océan Indien. Lundi, dans une interview accordée au Daily Telegraph, le président américain se disait « très déçu » du dirigeant travailliste, et lui reprochait d’avoir mis « beaucoup trop de temps » à autoriser les Etats-Unis à utiliser ce complexe aérien : « Cela ne s’est probablement jamais produit entre nos deux pays auparavant, affirmait-il. On dirait qu’il [Keir Starmer] s’inquiétait de la légalité. »

« Il est de mon devoir de juger ce qui est dans l’intérêt national »

Après avoir tout d’abord refusé, Londres a finalement accepté que Washington utilise ses bases militaires, dont celle de Diego Garcia, pour frapper des sites de missiles iraniens.

Keir Starmer a répondu aux critiques de Donald Trump, lundi, lors d’une allocution au Parlement : « Le président [Donald] Trump a exprimé son désaccord avec notre décision de ne pas nous impliquer dans les frappes initiales, mais il est de mon devoir de juger ce qui est dans l’intérêt national du Royaume-Uni », a-t-il rappelé.

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Le premier ministre britannique a notamment été interpellé par la cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, qui a critiqué le refus initial de prêter la base de Diego Garcia, et l’absence de soutien explicite à l’opération américano-israélienne.

Keir Starmer a assuré que les Etats-Unis n’utiliseraient pas les bases militaires britanniques à Chypre contre l’Iran, après que l’une d’elles a été frappée, dans la matinée de lundi par un drone iranien, suscitant les inquiétudes des autorités de l’île.

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Le Monde avec AFP

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