
Qui dit vrai ? Alors que Donald Trump multiplie les déclarations faisant état de négociations de paix avec l’Iran, Téhéran affirme, de son côté, ne pas vouloir dialoguer avec Washington, et annonce poursuivre le combat.
« Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire », a déclaré le président américain, mercredi 25 mars, en suggérant que les responsables iraniens chargés de « négocier » taisaient ces tractations de « peur » d’être « tués par les leurs ». « Ils ont aussi peur qu’on les tue », a-t-il lancé devant un parterre de parlementaires républicains réunis à Washington.
L’Iran n’a « pas l’intention de négocier » mais « de continuer à résister », a déclaré, de son côté, son ministre des affaires étrangères, Abbas Araghtchi, à la télévision d’Etat. « Parfois, des messages peuvent être transmis (…), mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation », a-t-il ajouté. De la part des Etats-Unis, « parler de négociations maintenant revient à admettre une défaite », a estimé le chef de la diplomatie iranienne.
Plus tôt dans la journée, la Maison Blanche avait prévenu que Donald Trump était « prêt à déchaîner l’enfer » si Téhéran faisait « encore un mauvais calcul ». Si l’Iran ne comprend pas qu’il a « été vaincu militairement (…) le président Trump s’assurera qu’il soit frappé de manière plus dure qu’il ne l’a jamais été », a déclaré sa porte-parole, Karoline Leavitt.
Une proposition américaine rejetée
Les initiatives diplomatiques se sont multipliées sans succès ces derniers jours pour tenter de mettre un terme à une guerre commencée il y a bientôt un mois, qui embrase le Moyen-Orient et menace l’économie mondiale.
Mercredi après-midi, Press TV, branche anglophone de la télévision d’Etat, a affirmé que l’Iran rejetait une « proposition américaine » pour faire taire les armes. Si cette information a été reprise par les autres médias d’Etat iraniens, elle n’a pas été confirmée officiellement par la République islamique. Selon des médias américains et israéliens, ce projet contiendrait en 15 points les premières propositions concrètes de Washington depuis le déclenchement de l’offensive contre l’Iran, le 28 février. Il a été transmis à Téhéran par Islamabad, en bons termes avec les deux pays, selon deux hauts responsables pakistanais. L’Iran veut « mettre la fin à la guerre à ses propres conditions », a souligné le chef de la diplomatie iranienne.
Si Donald Trump persiste quant à l’existence de tractations, aucune information n’est disponible sur le ou les dirigeants iraniens qui seraient impliqués. Le président américain avait listé comme négociateurs américains son émissaire, Steve Witkoff, son gendre, Jared Kushner, le vice-président, J. D. Vance, et le chef de la diplomatie, Marco Rubio.
L’ONU s’alarme d’une guerre « hors de contrôle »
Par ailleurs, au moment où des mouvements de troupes sont rapportés par la presse américaine, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que les adversaires de la République islamique se préparaient à envahir une de ses îles dans le Golfe. En cas d’invasion terrestre américaine, l’Iran ouvrira un « nouveau front » dans le détroit de Bab Al-Mandab, passage crucial pour le trafic maritime mondial reliant la mer Rouge au golfe d’Aden, a prévenu une source militaire citée par l’agence Tasnim.
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La guerre est « hors de contrôle », s’est alarmé le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, qui s’inquiète d’une « marée de souffrance humaine » dans la région et au-delà. Les frappes se sont, de fait, poursuivies sans relâche. Selon la marine iranienne, des tirs de missiles ont contraint le porte-avions américain USS Abraham-Lincoln, déployé dans le Golfe, « à changer de position ». Washington n’a pas confirmé.
Les gardiens de la révolution, armée idéologique de Téhéran, ont annoncé des attaques contre le nord et le centre d’Israël, dont la région de Tel-Aviv. Des images de l’Agence France-Presse ont saisi des traînées de roquettes striant le ciel de la ville côtière de Netanya. Des bases militaires américaines en Jordanie et à Bahreïn ont été visées et un réservoir de carburant a pris feu au Koweït après une attaque de drones. Devant l’ONU, à Genève, les pays du Golfe ont appelé Téhéran à cesser ses frappes et à leur verser des réparations.
Israël a pour sa part annoncé de nouvelles frappes sur Téhéran, visée quotidiennement depuis quatre semaines, et avoir ciblé un centre de recherche lié au programme de sous-marins militaires iraniens à Ispahan, dans le centre du pays.
L’attention reste aussi focalisée sur le détroit d’Ormuz, par lequel transite en temps normal près de 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Son blocage quasi total par Téhéran a fait flamber les cours et ralentir l’activité mondiale. Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré que le détroit était « fermé uniquement aux ennemis ».




