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Histoires Web mercredi, février 21
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Il est tout juste 22 heures lorsqu’une bourrasque s’engouffre dans les salons du Club Med de Val-d’Isère (Savoie). Pas cinq, pas dix, mais quarante enfants brésiliens se sont lancés dans une course-poursuite dans les pièces communes de cet hôtel club de 216 chambres, situé au pied des pistes de ski. Les voilà qui escaladent les canapés, se ruent dans les couloirs, galopent dans les escaliers. Autant dire que ça décoiffe. « C’est sûr qu’ailleurs, ça ne passerait pas… », glisse, placide, Philippe Sambe, « GO » (pour gentil organisateur, le nom donné au personnel au contact des clients), qui travaille à la réception. On est comme ça au Club Med : il y flotte toujours un certain esprit libertaire.

Et pourtant, les « Bronzés » ont bien changé. En cette semaine de janvier, le « Club » de Val-d’Isère est plein, et parmi les 500 clients, la moitié sont Brésiliens. Ana Paola Aragon, qui vit à Sao Paulo, est venue ici pour une semaine avec ses jumeaux de 13 ans et son mari, qui possède une entreprise industrielle de plastique. Ils ont payé leur semaine 15 000 euros, hors transport. « Ce qui nous plaît, c’est que ça comprend tout. Sauf les soins au spa, auquel je vais dans la journée parce que je ne skie pas », explique-t-elle.

Dans les salons, on croise aussi Mariana Vieira, architecte brésilienne de 43 ans, mariée à un directeur financier. Ils sont venus avec leurs trois enfants, après avoir passé une semaine à Londres. « On a retrouvé ici d’autres parents de l’école américaine de Rio. On est un groupe de trente ! » Cette semaine-là, il y a aussi de nombreux Sud-Africains, et une centaine de Turcs, comme Irem Yagmurdereli, jeune retraitée de 54 ans, qui travaillait dans l’industrie pétrolière. Elle vit à Istanbul, en Turquie, et passe une semaine à Val-d’Isère avec sa fille Dila, 17 ans, qui entamera en septembre des études à l’université de Columbia, à New York.

Cette élite mondialisée et hyperaisée, qui vient en famille profiter de l’exotisme des montagnes françaises, est devenue le cœur de cible des Club Med alpins. Une clientèle qui incarne la stratégie de montée en gamme engagée en 2004 par l’entreprise, qui a fait de la montagne une priorité stratégique. Il faut dire que c’est sur les cimes que le Club Med réalise ses meilleures performances. « C’est là où notre formule tout compris haut de gamme apporte le plus à nos clients, en particulier aux familles », explique Henri Giscard-d’Estaing, 67 ans, PDG de cette entreprise qui appartient depuis 2015 au conglomérat chinois Fosun.

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