Meilleures Actions
Histoires Web mercredi, février 21
Bulletin

Le chalutage de fond, qui consiste à tracter un très lourd filet en forme d’entonnoir sur le plancher océanique, est sur la sellette. Il lui est reproché non seulement son manque de sélectivité, qui lui fait capturer de nombreuses prises accessoires de poissons ou de crustacés non ciblés, mais aussi son effet délétère sur les petits invertébrés qui vivent sur les fonds et constituent la base de la chaîne alimentaire marine.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Les défis de la décarbonation de la pêche française

Cette technique de pêche, dénoncée aussi pour sa grande consommation de gasoil, est à présent également critiquée pour les panaches de carbone qu’elle engendre en raclant le fond. Une partie de ce carbone – enfoui pour des millénaires dans les sédiments marins tant que ceux-ci ne sont pas mis en suspension – va rejoindre l’atmosphère sous forme de dioxyde de carbone, contribuant ainsi au changement climatique.

Jeudi 18 janvier, le Parlement européen doit débattre du plan d’action destiné à « protéger et à restaurer les écosystèmes marins pour une pêche durable et résiliente » élaboré par la Commission européenne. Ce texte, qui date de 2023, consacre tout un chapitre à « la pêche de fond mobile », c’est-à-dire menée au moyen de différents modèles de chaluts, dragues, sennes. Ces engins – le chalut de fond en particulier – font « partie des activités les plus répandues et les plus préjudiciables aux fonds marins et aux habitats connexes », souligne Bruxelles. Ils sont responsables des perturbations physiques de près de 80 % des zones côtières de l’UE. D’autant que les chalutiers reviennent souvent tracter leurs filets lestés plus de dix fois par an aux mêmes endroits.

« Puits de carbone naturel »

Par conséquent, la Commission invite les Etats membres à se préparer à exclure progressivement cette pratique de leurs aires marines protégées (AMP) d’ici à 2030. Elle rappelle que la législation communautaire exige déjà des mesures de leur part afin de préserver les habitats marins des sites classés Natura 2000. « Nos mers et océans constituent un important puits de carbone naturel, en particulier les sédiments océaniques. L’importance du stockage et du maintien du carbone bleu dans les habitats marins pour lutter contre le changement climatique est de plus en plus reconnue », argumente-t-elle.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Chalutage dans les aires marines protégées : l’attitude du gouvernement français crée une polémique

Il n’est pas sûr cependant qu’elle soit entendue par les eurodéputés, à quelques mois des élections européennes de juin. Elle ne l’est pas par la commission pêche du Parlement européen en tout cas : celle-ci a préparé un rapport désavouant largement le plan d’action pour la protection des écosystèmes marins. Dans leur contre-offensive, ses membres relaient les préoccupations des armateurs du secteur et soulignent que la fermeture des AMP risquerait de reporter les navires vers d’autres zones, au risque de générer des conflits avec d’autres pêcheurs en place. Ils s’opposent à toute restriction d’usage d’engins de pêche au nom de la sécurité alimentaire et des conséquences socio-économiques.

Il vous reste 55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
© 2024 Mahalsa France. Tous droits réservés.