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La ministre de l’éducation ne sera pas juge et partie : jeudi 18 janvier, Amélie Oudéa-Castera a demandé au premier ministre à pouvoir « se déporter des actes relatifs » au « collège Stanislas », a confirmé son entourage au Monde après une information de l’Agence France-Presse. Une demande formulée sur les recommandations de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), et acceptée par Gabriel Attal. L’établissement huppé de la capitale, qui accueille 3 500 élèves de la maternelle à la classe préparatoire, et où sont scolarisés les trois enfants de la ministre, est visé par un rapport préoccupant de l’inspection générale de l’éducation nationale (IGESR).

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Cette mission d’inspection, remise à l’ancien ministre de l’éducation Gabriel Attal à la fin du mois d’août et dont Mediapart a publié les conclusions le 16 janvier, a révélé des manquements, notamment à travers le caractère obligatoire du catéchisme, interdit par le code de l’éducation. Les inspecteurs font également état de propos homophobes et d’une atmosphère « sexiste ».

Mercredi matin sur France 2, Amélie Oudéa-Castera avait assuré que les recommandations formulées par l’inspection étaient en cours d’application, sous la houlette du rectorat de Paris. Mais le contenu du rapport a alarmé plusieurs élus. La Mairie de Paris, qui finance à hauteur de 1,3 million d’euros la partie école et collège de Stanislas a annoncé le 17 janvier la suspension du versement de ce forfait obligatoire, en l’attente de « clarifications ». « Les deux collectivités, mairie et région, qui financent cet établissement, auraient dû avoir connaissance de ce rapport. C’eut été la moindre des choses », s’indigne Patrick Bloche, adjoint à la mairie de Paris.

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L’établissement « ne respecte pas le contrat »

Les sénateurs Pierre Ouzoulias et Ian Brossat (PCF) ont par ailleurs annoncé le 17 janvier avoir écrit au préfet d’Ile-de-France pour demander la suspension du contrat avec l’Etat au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, qui prévoit la dénonciation de tout crime ou délit porté à la connaissance d’un fonctionnaire ou d’une autorité constituée.

Pierre Ouzoulias précise que, en l’absence de réponse de la préfecture, les deux élus saisiront le tribunal administratif. « Cet établissement ne se cache pas du fait qu’il ne respecte pas le contrat », s’indigne-t-il. « Mais ce que les gens ne supportent pas, c’est qu’il s’agit d’argent public. » Les établissements privés sous contrat sont financés à 73 % par l’Etat, qui rémunère les enseignants, et par les collectivités territoriales.

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