Armand Duplantis établit un nouveau record du monde du saut à la perche (6,31 m), lors d’un meeting en salle, à Uppsala (Suède), le 12 mars 2026.

Jusqu’où ne montera-t-il pas ? Le Suédois Armand « Mondo » Duplantis, 26 ans, a battu, pour la quinzième fois de sa carrière, le record du monde du saut à la perche lors d’un meeting en salle, devant son public, à Uppsala, jeudi 12 mars, effaçant une barre à 6,31 m. Un exploit vertigineux.

En février 2024, cinq mois avant les Jeux olympiques de Paris, le prodige confiait au Monde son intention de franchir un jour le seuil symbolique de 6,30 m. « Son père a parlé de le voir sauter à 6,40 m. Je ne me prononce pas sur cette performance-là, qui paraît inimaginable pour nous. Déjà 6,30 m, c’est extraordinaire ! », déclarait alors le Français Thibaut Collet, dont la meilleure marque est 5,95 m. Le 15 septembre 2025, lors des Mondiaux de Tokyo, le Suédois réussissait son pari. Avant, donc, d’améliorer sa référence d’un centimètre, six mois plus tard.

Le tout premier record du monde a été établi par Marc Wright le 8 juin 1912, à Cambridge (Angleterre), année de création de la Fédération internationale d’athlétisme. A l’époque, les athlètes sautent avec des perches en bambou, matériau préféré au bois en raison de sa souplesse et de sa légèreté. L’Américain franchit une barre placée à 4,02 m. Il faudra attendre 1937 pour qu’un autre homme de l’ère du bambou, son compatriote Cornelius Warmerdam, porte la marque au-delà de 4,50 m. Première star de la discipline, il passe 4,77 m en 1942 et 4,79 m en 1943 en salle.

L’apparition des perches en aluminium, puis en fibre de verre, marque une accélération des records après la seconde guerre mondiale. Néanmoins, il faudra attendre un demi-siècle après Marc Wright pour qu’un athlète s’envole au-delà de 5 m : l’Américain Brian Sternberg, le 27 avril 1963, à Philadelphie (Etats-Unis). Cette année-là, la marque sera battue huit fois, dont deux par le natif de Seattle (Etat de Washington).

Centimètre par centimètre

Si cela a pris un demi-siècle pour faire grimper le record de 4 m à 5 m, il a fallu moins de vingt-cinq ans pour le porter de 5 m à 6 m, sous l’impulsion de Sergueï Bubka. Le « tsar » ukrainien a atteint cette hauteur mythique le 13 juillet 1985, à Paris. En une décennie, entre février 1984 et juillet 1994, il a repoussé la marque de 32 centimètres, de 5,83 m à 6,14 m en plein air, et même 6,15 m en salle. Pendant vingt ans, ses performances sont inégalées. Jusqu’au 15 février 2014, à Donetsk (Ukraine), où le Français Renaud Lavillenie s’élève jusqu’à 6,16 m.

L’arrivée sur le circuit du phénomène « Mondo » Duplantis fait basculer la discipline dans une autre dimension, à un rythme sans précédent. En février 2020, à seulement 20 ans, il s’empare du record du monde avec 6,17 m. La frontière des 6,20 m est franchie en mars 2022. Puis vient ce soir d’août 2024, au Stade de France (Seine-Saint-Denis), où le Suédois devient le troisième homme de l’histoire à améliorer le record du monde aux Jeux olympiques, avec une barre à 6,25 m. Avant lui, seuls l’Américain Frank Foss, en 1920 à Anvers (Belgique) et le Polonais Wladyslaw Kozakiewicz, en 1980 à Moscou, avaient accompli cette prouesse.

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Comme son illustre prédécesseur Sergueï Bubka (35 références au compteur au cours de sa carrière), Armand Duplantis progresse centimètre par centimètre, alors même qu’il semble en mesure de faire encore mieux – une méthode qui, dans le cas de l’Ukrainien, s’expliquait par les primes versées à chaque record établi. Dans un clip promotionnel à l’occasion du meeting de Stockholm, le 2 juin 2024, le Comité olympique suédois s’était associé avec l’un de ses sponsors pour tenter de définir la hauteur rêvée du surdoué national, grâce aux calculs d’un expert en intelligence artificielle. Verdict : 6,51 m !

Le Monde avec AFP

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