
L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Avec son nouveau film, Sam Raimi semble se livrer à un exercice un peu particulier : doper les conventions d’un genre cinématographique classique qui connut son heure de gloire à Hollywood en les confrontant à une imagerie plus triviale, plus vulgaire, une imagerie qu’il a lui-même, dès ses premiers films, contribué à inventer. Maladroite, régulièrement humiliée par son patron, une comptable (Rachel McAdams), employée dans une grande entreprise, échoue, à la suite d’un accident d’avion, sur une île déserte. Son supérieur, chef d’entreprise conquérant, arrogant et macho (Dylan O’Brien), est l’autre survivant du désastre.
Au premier abord, la majeure partie de Send Help semble se réduire tout à la fois à un récit de survie et à la cohabitation de deux êtres que tout oppose et dont on pense que les circonstances vont les rapprocher. Le postulat d’une telle histoire renvoie ainsi à un schéma à première vue éprouvé, construit sur le mécanisme de l’attraction et de la rivalité, de l’affrontement et de la séduction. Le nerf de la guerre de bon nombre de ces screwball comedies dont Hollywood eut le secret. Katharine Hepburn et Cary Grant sur une île déserte, pourrait-on imaginer. Le film va pourtant s’amuser à désamorcer, progressivement, par sa férocité et son nihilisme, par son sens du grotesque, cette vaine attente.
Il vous reste 62.05% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



