Histoires Web mercredi, février 25
Carmen Maura (Maria Angeles) dans « Rue Malaga », de Maryam Touzani.

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

De retour du marché, une vieille femme cuisine au son de Toda una vida interprétée par Maria Dolores Pradera. Une ritournelle nostalgique, comme à l’heure du bilan d’une longue existence. Veuve, ayant vécu toute sa vie à Tanger, au sein de la communauté espagnole exilée au Maroc, Maria Angeles (Carmen Maura), 79 ans, voit tout ce qu’elle a construit s’effondrer quand sa fille, Clara (Marta Etura), en plein divorce, lui annonce qu’elle va vendre l’appartement où vit sa mère. A quoi vont maintenant ressembler les années qu’il reste à vivre à la presque octogénaire ? Une place lui est réservée à l’hospice des anciens Espagnols de Tanger, mais Maria Angeles ne peut se résoudre à y rester. Elle retourne en cachette chez elle, en attendant la vente.

A l’image du beau A feu doux, de Sarah Friedland, sorti à l’été 2025, le cinéma offre de plus en plus de représentations riches de femmes du grand âge, accompagnant en cela les évolutions de la société. Pour Rue Malaga, son troisième long-métrage après Adam (2020) et Le Bleu du caftan (2023), la réalisatrice marocaine Maryam Touzani s’est inspirée de sa propre mère, tout juste décédée, et de sa grand-mère pour écrire ce portrait plein de tendresse et d’humanité. La grande Carmen Maura, ancienne égérie de la période la plus loufoque du cinéma de Pedro Almodovar, apporte beaucoup de chaleur et de vitalité à son personnage. Avec ses tenues fleuries privilégiant les couleurs vives et son espièglerie, celui-ci est ancré avec allégresse du côté de la vie.

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