Bojtorjan Barabas (Andor) et Andrea Waskovics (Klara) dans « Orphelin », de Laszlo Nemes.

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

En deux temps, trois films, Laszlo Nemes, réalisateur hongrois de 49 ans, disciple du grand Béla Tarr (1955-2026), frayant de ce fait aux antipodes de l’allégresse, ne cesse de frapper à la porte de l’Europe, lui rappelant les pages les plus noires et abjectes de son histoire.

2015 : Le Fils de Saul. L’histoire d’un membre du Sonderkommando (déportés juifs affectés au nettoyage des chambres et des fours et au tri des effets) d’Auschwitz qui se met en tête de donner une sépulture et d’enterrer selon le rite juif un jeune homme sorti à peine vivant de la chambre à gaz, achevé sous ses yeux par un SS, et qu’il prend pour son propre fils. Singulier projet au pays des hommes réduits en cendres aussitôt qu’arrivés, dont le film – hallucinant, le camp en caméra immersive – va examiner la si peu probable faisabilité.

2018 : Sunset. Budapest, Empire austro-hongrois, à la veille de la boucherie de la première guerre mondiale. Irisz Leiter, fille des anciens patrons d’un luxueux magasin de chapeaux, revient orpheline et désargentée de Trieste pour y solliciter un emploi de modiste auprès de son nouveau propriétaire. Sa présence suscite des remous. Elle apprend que son frère, qui a tenté d’assassiner ce dernier, conspire contre l’empire.

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