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Histoires Web mercredi, juillet 17
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Il faut éloigner l’ours M129. Le 13 juin, Simon Bertoux, le préfet de l’Ariège, a signé un arrêté autorisant les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) à déclencher des opérations de « conditionnement aversif sur tout individu présentant les caractéristiques » de l’animal. Plus communément appelées « mesures d’effarouchement », ces dispositions permettent d’éloigner des individus qui s’approchent trop des habitations et des humains. En l’occurrence, ce mâle de 2 ans et demi serait devenu « un peu trop familier », selon les termes de CAP-Ours, un réseau d’une trentaine d’associations favorables à la présence de l’animal dans le massif pyrénéen.

Déjà repéré en juin 2023 côté espagnol, en Catalogne, pour s’être montré en plein jour au bord d’une route en présence d’humains, M129 – selon la nomenclature officielle, l’Etat ayant cessé de donner des prénoms aux plantigrades depuis 2021 – avait été éloigné par des agents ruraux grâce à des tirs d’effarouchement. Moins d’un an plus tard, le 20 mai, il est réapparu à Auzat, en Ariège, où il a détruit deux ruches. Dès le lendemain, les agents de l’OFB venus constater les légers dégâts retombent sur lui et ne parviennent à le faire fuir qu’à grand-peine, sans que l’ours adolescent ne se montre agressif.

Début juin, enfin, M129 a été filmé par des bergers, dans la même région, près du GR10, un chemin de randonnée. Cette présence dans un lieu fréquenté et le début d’inquiétude du monde pastoral ont conduit le préfet à prendre cet arrêté. Ce protocole qui vise à éloigner des ours dits « à problèmes » n’est pas nouveau, mais il est rarement utilisé contre les 83 spécimens recensés en 2023 dans les montagnes pyrénéennes. En 2019, Goiat, un mâle de 18 ans, avait été plusieurs fois désigné après des attaques de troupeaux. Capturé et relâché après avoir été équipé d’un collier GPS, il a disparu des montagnes depuis 2022 et est désormais considéré comme mort.

« Comportement erratique typique »

Ces mesures d’effarouchement sont graduelles, si l’animal concerné continue à s’approcher des habitations, ou s’il s’attaque trop régulièrement à des troupeaux de brebis. La première, dite « simple », permet l’emploi de moyens sonores comme les cloches, les sifflets, les cornes de brume ou les pétards ; ou encore olfactifs et lumineux par le biais de torches, de phares et de signaux de toute nature. La seconde, dite « renforcée », autorise le recours à des tirs non létaux, de toute arme à feu chargée de cartouches en caoutchouc ou à double détonation. Dans le massif, seuls quelques bergers, formés et encadrés, sont par ailleurs autorisés à posséder des « bombes à poivre », censées faire fuir un ours qui se serait approché à moins de 8 à 10 mètres.

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