Meilleures Actions
Histoires Web samedi, mars 2
Bulletin

Que sait-on de la vie de Cristóbal Balenciaga (1895-1972) ? Celui qui n’a accordé qu’une seule interview, à la toute fin de sa vie, au quotidien britannique The Times, reste pour beaucoup un mystère. C’est avec comme point de départ cet unique entretien que Cristóbal Balenciaga, la série espagnole diffusée sur Disney +, remonte le fil de la vie du couturier basque et de sa riche contribution à l’histoire de la mode et de la haute couture. Dans le rôle-titre, l’acteur espagnol Alberto San Juan, accompagné d’Anouk Grinberg en Coco Chanel, de Gabrielle Lazure en Carmel Snow, rédactrice de mode réputée, ou encore de la jeune Nine d’Urso, qui incarne Colette, mannequin fétiche du couturier.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Dans la fabrique de Cristóbal Balenciaga

Les costumes et les collections montrées à l’écran sont sans conteste l’un des points forts de cette fiction en six épisodes. Chaque pièce a été recréée quasiment à l’identique par l’Allemande Bina Daigeler. Costumière de cinéma, elle a habillé Penélope Cruz (Volver), Tilda Swinton (Only Lovers Left Alive), et Cate Blanchett (notamment dans Mrs. America, mini-série pour laquelle elle a été nominée aux Emmy Awards 2020).

Installée à Madrid pour l’occasion, l’habilleuse a mis en place, pendant plus de quatre mois, un atelier de couture entièrement dédié à ce travail de reproduction. Elle a été épaulée par une dizaine de couturiers chevronnés. « Nous avons eu accès aux archives de la maison Balenciaga, à Paris, ce qui fut une chance inouïe. Ils ont conservé beaucoup de choses, des vêtements, bien sûr, mais également des dessins ou des tissus », raconte-t-elle.

Poids, tombé et tenue

Une tournée dans les musées de mode répertoriant du Balenciaga dans le monde entier a complété cette recherche. « Et beaucoup, beaucoup de livres ! Nous avons également acheté quelques pièces d’époque sur des sites vintage spécialisés, mais il y en a peu sur le marché. Les créations Balenciaga restent le plus souvent dans les familles », remarque la costumière.

La série court de 1937, année à laquelle le styliste s’installe à Paris, à la fin des années 1960, à la fermeture de sa maison. Pour chaque épisode, une dizaine de pièces des collections Balenciaga ont été recréées, ainsi que quelques-unes issues de celles de Christian Dior et de Coco Chanel, contemporains et amis du maître espagnol.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Les tisseurs d’histoire : quand la mode soigne ses archives

La costumière s’est également penchée sur le gazar, ce tissu inventé par Cristóbal Balenciaga en collaboration avec le créateur textile suisse Gustave Zumsteg, en 1958. Sa particularité ? Un double fil de soie associé à du taffetas, le tout confectionné dans un tissage lâche, ce qui donne de l’amplitude à l’étoffe. « Nous avons eu la chance de trouver un fournisseur italien de gazar. Ce tissu a un poids très particulier qui joue sur le tombé et la tenue des robes. Il était parfait pour réaliser les créations architecturales propres à Balenciaga. »

Il vous reste 15% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
© 2024 Mahalsa France. Tous droits réservés.