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Alors que Paris s’apprête à recevoir les Jeux olympiques et paralympiques, l’agence chargée du rayonnement de la France à l’étranger est traversée par une grave crise interne. La directrice générale, Caroline Leboucher, une « X-Mines » qui a fait sa carrière dans les cabinets ministériels et la haute administration, est mise en cause dans une « lettre ouverte » anonyme de trois pages. Celle-ci circule, depuis vendredi 19 avril, chez Atout France, mais également au sein de la presse, dans l’administration et dans l’écosystème touristique.

La méthode est particulièrement violente, tout comme le contenu du texte, qui critique l’action de la directrice, en poste depuis 2019. « Vos méthodes et votre stratégie provoquent la stupeur et l’incompréhension parmi les salariés (…) Incrédules devant l’ineptie de vos dernières décisions, ils sont nombreux à déplorer une casse organisée de ce qui était un formidable outil de promotion de la destination France (…). Atout France est la dérive, faute d’un management serein et confiant, d’une stratégie pertinente et cohérente, faute d’un soutien appuyé aux cadres du réseau et à leurs équipes », indique la « lettre ouverte ».

Caroline Leboucher a envoyé, le 19 avril au soir, un long courriel à ses collaborateurs, avec copie de la lettre anonyme. Elle se défend de ces accusations, marque son attachement à la « qualité du dialogue social », et critique ces « manœuvres délétères et malveillantes ». La direction a insisté mardi 23 avril, avec un communiqué de presse intitulé « La Direction d’Atout France répond aux attaques qui lui sont portées ».

Contexte budgétaire tendu

Des cadres d’Atout France interrogés par Le Monde évoquent un climat pesant. « Le cœur du problème, c’est un style de management assez abrupt, qui passe mal en interne, comme à l’extérieur avec les partenaires », commente l’un d’eux. Caroline Leboucher rétorque qu’elle a justement cherché à mettre en œuvre de la transversalité dans son organisation.

Le tout se déroule dans un contexte budgétaire tendu, avec la fin de certains crédits pour 2025, et la suppression de certains postes à l’étranger, dans le cadre d’une réforme du réseau. Voilà donc pour l’ambiance dans cette structure méconnue, qui gérait, en 2022, un budget de 70 millions d’euros, et qui s’occupe, outre la promotion touristique, du classement à « étoiles » attribué aux hébergements.

Signe de ces tensions, quatre cadres expatriés ont, le 8 avril 2024, saisi le conseil de prud’hommes pour des faits de harcèlement moral, ainsi que pour des défauts de paiement de certaines cotisations sociales. Une première audience aura lieu en juillet. « C’est une situation classique de cadres expatriés qui refusent leur mutation. Ils bénéficient de multiples avantages à l’étranger, et ne veulent pas revenir au siège », réagit Mme Leboucher, qui ajoute que ce conflit autour de cotisations sociales existait déjà avant son arrivée.

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