
Rachida Dati n’en a pas fini avec le Louvre : lors d’une audition à huis clos à l’Assemblée nationale, lundi 23 février, la ministre en partance a acté l’abandon d’une mission de réorganisation du musée qu’elle avait elle-même annoncée.
A quelques jours du départ de Rachida Dati du gouvernement pour briguer la Mairie de Paris, son audition devant la commission d’enquête sur la sécurité des musées était très attendue mais elle a finalement eu lieu loin du regard du public. Son président, le député Les Républicains (LR) Alexandre Portier, a décrété le huis clos pour « préserver la sérénité des débats », mécontentant certains de ses pairs.
Lors de cette audition, selon les éléments recueillis par l’Agence France-Presse (AFP), la ministre, autorité de tutelle, a acté l’abandon de la mission de réorganisation « en profondeur » du Louvre qu’elle avait annoncée fin décembre 2025 face à la grave crise traversée par le musée depuis le cambriolage du 19 octobre.
Rachida Dati avait alors affirmé avoir confié cette tâche à Philippe Jost, superviseur du chantier de restauration de Notre-Dame, et attendre de premières recommandations fin février. Cette mission n’a toutefois jamais commencé ses travaux.
Mouvement social d’ampleur
« Cela a été abandonné parce que la réflexion sur la réorganisation du Louvre a avancé indépendamment de cette mission », a affirmé Alexandre Portier à l’AFP, selon qui la gouvernance du musée fait l’objet d’une « réorganisation en cours ». Interrogé sur ses modalités, le député a renvoyé à d’éventuelles annonces gouvernementales.
« Il n’y a plus de Philippe Jost », a confirmé le rapporteur de la commission, Alexis Corbière (ex-« insoumis »), ajoutant que la ministre a justifié cet abandon par le mouvement social mené depuis mi-décembre par le personnel du Louvre pour de meilleures conditions de travail. « On ne voit pas trop le lien entre les deux », a-t-il complété.
Selon les deux députés, Rachida Dati a assuré que « 17 mesures » étaient en cours pour réformer le Louvre, musée le plus visité au monde, qui accumule les revers depuis le cambriolage de joyaux de la Couronne, entre fermeture d’une galerie pour insalubrité et enquête sur un réseau de fraude à la billetterie. Le détail de ces mesures n’a pu être précisé dans l’immédiat et l’entourage de Rachida Dati n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.
La ministre a, de manière générale, convenu de la nécessité d’un « renforcement des moyens de contrôle de la tutelle » sur le musée, a précisé Alexandre Portier, qui avait estimé jeudi 19 février que le Louvre était devenu un « Etat dans l’Etat ». « Elle a questionné elle-même la tutelle de cet établissement avec l’idée qu’il pourrait y avoir trop d’autonomie », a abondé M. Corbière. « On a le sentiment qu’il va y avoir des changements mais elle n’est pas allée plus loin », a-t-il poursuivi.
« Mesure incompréhensible »
Fragilisée par le cambriolage et la mise au jour de nombreux dysfonctionnements, la présidente du Louvre, Laurence des Cars, doit être entendue mercredi 25 février par cette même commission. Le président a déclaré que le huis clos n’était, « pour l’heure », pas envisagé pour cette audition, la situation étant, selon lui, « différente » de celle de Rachida Dati, engagée dans une âpre bataille pour la Mairie de Paris. Après le huis clos décrété pour la ministre, certains membres de la commission avaient dénoncé une mesure « incompréhensible » quand d’autres soutenaient un moyen d’« aller au fond des sujets ».
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Il s’agissait de la première mesure de ce type depuis le début des travaux de cette commission, constituée dans la foulée du cambriolage et qui a procédé à plus de 70 auditions. Ses conclusions sont attendues en mai.
Après le cambriolage du Louvre, la ministre de la culture en partance avait refusé la démission de Laurence des Cars mais avait ordonné une enquête administrative, qui a mis au jour d’importants manquements sur la sécurité, contraignant le musée à prendre des mesures de sécurisation d’urgence.




