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Le métier de magistrat en Corse requiert, plus qu’ailleurs, des qualités de pondération et de maîtrise de soi. C’est ce que la première présidente de la cour d’appel de Bastia, Hélène Davo, vient de rappeler, mercredi 17 janvier, en faisant droit à une requête en suspicion légitime déposée contre le juge d’instruction ajaccien Eric Métivier par la défense d’un homme d’affaires dont le fils a été violemment agressé, sur fond d’opération immobilière dans le sud de l’île. Une décision rare en France. Cette affaire, symbole de logiques mafieuses mêlant faits criminels et financiers, sera confiée à un autre magistrat.

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Mme Davo considère que M. Métivier a démontré un parti pris constant à l’encontre de la partie civile dans ce dossier. Ce manque d’impartialité aurait ainsi, notamment, conduit ce magistrat, en 2023, à ordonner, à quatre reprises, la remise en liberté de l’auteur de l’agression. Des demandes à chaque fois refusées par la chambre de l’instruction de la cour d’appel, dans des termes très critiques sur les méthodes de travail de cet ancien avocat d’affaires qui semble avoir pris en grippe la famille de la victime.

Le 17 janvier 2023, Guillaume Marcellesi, le fils de Jean-Noël Marcellesi, une figure insulaire, hôtelier et promoteur immobilier, est gravement blessé dans un bureau de la carrosserie d’un ami, à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud). La vidéosurveillance filme les faits et l’agresseur, Antoine Bornea, accompagné d’un complice également poursuivi. La scène relève, dit la justice, d’un passage à tabac « d’une sauvagerie exceptionnelle ». Frappé à coups d’extincteur et de barre de fer, Guillaume Marcellesi souffre d’un pneumothorax et de graves lésions faciales. Des séquelles physiques dont certaines seront définitives.

Simple statut de témoin assisté

Bornea plaide, lui, pour « une rencontre fortuite », et assure que cela faisait suite à une bagarre entre leurs enfants respectifs et des propos homophobes tenus à l’encontre de son fils aîné. Pour Jean-Noël Marcellesi, au contraire, « l’agression de [s]on fils s’inscrit dans une démarche d’intimidation qui dure depuis des mois ». Une analyse partagée par le ministère public, pour qui l’agresseur aurait « tenté d’obtenir par la violence un engagement de renonciation à l’acquisition d’un ensemble immobilier situé à Porto-Vecchio au préjudice de Jean-Noël Marcellesi ». Un projet de 20 millions d’euros.

Le 22 octobre 2022, le groupe Dewez avait décidé de céder à M. Marcellesi le site de Piantarella, près de Bonifacio, après avoir mis fin à des négociations avec d’autres acheteurs, parmi lesquels se trouvait le beau-frère de M. Bornea, Paul Canarelli, par ailleurs propriétaire du Domaine de Murtoli, situé sur la commune de Sartène. Guillaume Marcellesi assure que M. Bornea avait déjà menacé son père, en juin 2021, pour qu’il se retire de l’affaire sous peine de représailles. M. Bornea aurait alors dit : « Retire-toi du projet Piantarella, sinon ça va barder ! »

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