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C’est dans le sillage du mouvement #metoo, qui a encouragé la libération de la parole des femmes sur les violences sexuelles, que la fonction de coordination d’intimité est apparue sur les plateaux de tournage américains. En France, cette pratique, qui vise à encadrer des scènes d’intimité et à veiller au bien-être des actrices et des acteurs, cherche encore à se professionnaliser comme le montre une étude publiée, en décembre 2023, par la commission paritaire nationale emploi et formation de l’audiovisuel (CPNEF-AV).

Lire le portrait : Article réservé à nos abonnés Najoua Ferréol, coordinatrice d’intimité, prend soin du bien-être des acteurs sur les tournages

Réalisée par le cabinet Co&Sens et financée par l’Assurance formation des activités du spectacle (Afdas), cette étude dresse un état des lieux de ce qui reste encore un « métier de niche », peu répandu en France. Quatre coordinatrices d’intimité ont été recensées, contre quatre-vingts outre-Atlantique. L’activité est encore faible, même si plusieurs productions américaines tournées en France, comme la série de Netflix, Emily in Paris, ont déjà eu recours à ces superviseurs.

La CPNEF-AV planche donc sur la création d’une certification professionnelle pour susciter plus de vocations. Et projette de former six personnes par an à partir de janvier 2025. Une fiche métier a été établie pour intégrer cette pratique dans la convention collective de la filière cinématographique. Et piquer la curiosité des professionnels du secteur.

Dérives de tournages

Monia Aït El Hadj, coordinatrice d’intimité, milite pour que leur présence devienne systématique sur les plateaux. « Quand on dépouille un script, et qu’on découvre qu’il y a une scène de cascade, on fait appel à un coordinateur de cascades. Cela devrait être la même chose pour les scènes d’intimité. »

Ces vigies de l’intime interviennent lors de scènes de baiser, de « tension » sexuelle, de violence physique ou psychologique, de nu ou de sexe simulé. Mais aussi avant et après le tournage. Leur présence s’inscrit, plus largement, dans un ensemble d’initiatives visant à lutter contre les violences et harcèlements sexistes et sexuels (VHSS) dans le cinéma. Plusieurs témoignages ont récemment jeté une lumière crue sur les dérives de tournages en France. En avril 2023, une enquête de Mediapart a rassemblé les témoignages de treize femmes accusant Gérard Depardieu de violences sexuelles sur des tournages – l’acteur a réfuté ces accusations.

Lire le récit : Gérard Depardieu accusé par treize femmes de violences sexuelles dans une enquête de « Mediapart »

Le recours aux référents harcèlement et la formation obligatoire aux VHSS, pilotée par le CNC et l’Afdas, sont d’autres outils pour prévenir les débordements. A l’été 2023, l’acteur et réalisateur Samuel Theis a ainsi été exfiltré du plateau de son film Je le jure après qu’un technicien l’a accusé de viol. Confiné, le cinéaste, qui réfute ces accusations et parle d’un « rapport consenti », a poursuivi la direction du tournage à l’écart du plateau.

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