
« Salut, moi c’est Léon, et ça, c’est ma voix, après une semaine de testostérone. » En 2019, sur Instagram, c’est par ces mots que se présente Léon Salin. Cinq ans plus tard, le sourire est moins timide et le cadrage mieux maîtrisé : « Et voilà ma voix (…) qui, enfin, ressemble à la voix dans ma tête. » Son compte, suivi par un peu plus de 92 000 personnes, a depuis pris des airs de journal de bord : il y a épinglé des photos de chaque étape, des conseils et anecdotes.
Léon Salin est un des premiers francophones à avoir documenté sa transition de genre sur les réseaux sociaux, s’inspirant de créateurs anglophones comme Chella Man. « A travers ses vidéos et ses photos, j’ai pu découvrir ce qu’était un homme trans et que c’était ce que je vivais, glisse-t-il au Monde. Je voulais recréer ce sentiment en Francophonie, surtout en Suisse, où il n’y avait vraiment personne. »
Le créateur, devenu conférencier sur ces thèmes, répond aux besoins de ceux qui débutent leurs transitions et ne trouvent pas de renseignements, que ce soit sur le social – le coming out, les relations – ou sur le médical, en rappelant que chaque parcours est unique et que rien n’est obligatoire. « Quand j’ai commencé, il y avait très peu d’informations disponibles. Je faisais un travail de service public en éduquant avec mon parcours. »
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