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La Cour suprême de Colombie a dénoncé jeudi 8 février le « blocus violent et illégal » de son siège à Bogota, au terme d’une journée de manifestations des partisans du président, Gustavo Petro, pour exiger que la juridiction choisisse un nouveau procureur général.

Quelques milliers de partisans du président Petro ont défilé jeudi dans plusieurs grandes villes pour exiger la désignation immédiate par la Cour suprême d’un nouveau procureur général et la fin du mandat de l’actuel procureur, que le dirigeant de gauche accuse de tenter de le renverser.

A Bogota, des centaines de syndicalistes, membres d’organisations étudiantes et militants de partis de gauche se sont rassemblés à l’appel du chef de l’Etat, le jour où les vingt-trois juges de la cour votaient pour trouver un successeur au procureur Francisco Barbosa.

Bloqué, le président de la cour dénonce un « blocus violent et illégal »

Dans l’après-midi, dans le centre historique de la capitale, un groupe de manifestants, en majorité indigènes, a bloqué les entrées de la cour, devant le palais de justice, après avoir tenté brièvement d’y pénétrer. Cette action a été dénoncée comme un « blocus violent et illégal » par le président de la cour, Gerson Chaverra, bloqué avec d’autres magistrats dans ces locaux.

« La Cour suprême de justice rejette catégoriquement le siège de ces dernières heures […], il est inacceptable d’assiéger des juges », a-t-il déclaré à la presse. « En plus d’affecter gravement le droit à la liberté de circulation, [la manifestation] met en danger la vie et l’intégrité physique des magistrats, des employés, des journalistes, et des autres occupants du principal bâtiment judiciaire du pays », a dénoncé M. Chaverra.

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Vers 15 heures (21 heures à Paris), le chef de la police, le général William Salmaca, s’est rendu sur place pour rencontrer les magistrats. « Je n’ai reçu aucun rapport de violence ou d’expression excessive d’insécurité », a-t-il déclaré aux journalistes avant d’entrer dans le palais.

Faisant usage de grenades lacrymogènes, la police est finalement intervenue vers 17 heures heure locale pour disperser les manifestants, qui ont riposté en lançant des pierres. Les heurts ont rapidement cessé, tandis qu’un cordon de policiers antiémeute a pris position devant les locaux de la cour, a constaté l’Agence France-Presse.

Des partisans du président colombien, Gustavo Petro, manifestent pour réclamer l’élection d’un nouveau procureur général, devant la Cour suprême colombienne, à Bogota, le 8 février 2024.

« L’ordre donné à la police est de dégager les portes avec respect mais avec force. Point final », a commenté le président Petro sur le réseau social X. « La Cour suprême a le droit et le devoir d’élire librement un procureur, et les citoyens ont le droit de manifester », a-t-il écrit un peu plus tôt.

Les juges se réunissaient jeudi pour voter sur la liste restreinte de trois juristes présentés par M. Petro à la cour pour remplacer le procureur Barbosa. Les relations exécrables entre MM. Barbosa et Petro défraient la chronique politico-judiciaire depuis des mois en Colombie, le second dénonçant des tentatives de « déstabilisation » de la part du procureur et un complot « contre le progressisme ». Jeudi, aucun des candidats n’a obtenu les seize voix nécessaires, et la cour doit se réunir de nouveau d’ici à la fin de février pour revoter.

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« Nous sommes ici pour exiger le départ du procureur et que la liste proposée par le président puisse aller de l’avant pour que nous ayons enfin un procureur digne de ce nom pour affronter la pègre », a déclaré à l’AFP Francisco Mora, un dirigeant du Syndicat national des travailleurs du transport, qui participait à la marche à Bogota. « Nous avons un procureur qui est plus allié aux bandits […] un procureur qui veut retarder le processus de libération » du pays, a fustigé un autre manifestant, Alexander Chala.

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Manifestations à Medellin, Bucaramanga et Cali

Des manifestations ont également eu lieu dans les villes de Medellin, Bucaramanga et de Cali, où plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées, a constaté un photographe de l’AFP dans cette dernière ville.

Sur le réseau X, alors que la manifestation était en cours, le président Petro s’est défendu de vouloir influencer le vote. « La mobilisation d’aujourd’hui n’a pas été ordonnée par moi, il ne s’agit pas d’une pression sur la cour […] Si certains groupes décident désespérément de briser les institutions, il y aura une réponse populaire énergique et non violente », a-t-il souligné, saluant ce « début des marches pour la décence en Colombie ».

Ce week-end, M. Petro avait accusé le procureur Barbosa de chercher à le renverser en enquêtant sur les dons faits par un syndicat d’enseignants à sa campagne électorale. En janvier, le parquet a inculpé Nicolas Petro, fils aîné du président, pour avoir reçu des fonds provenant du trafic de drogue pendant la campagne présidentielle de 2022.

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Le Monde avec AFP

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