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Deux cents tonnes de déchets, des pneus et du fumier éparpillés dans la métropole toulousaine, le 16 janvier, notamment devant l’agence de l’eau Adour-Garonne à Empalot. Une explosion qui souffle le bâtiment de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement à Carcassonne dans la nuit du 18 au 19 janvier… Depuis le début de la crise agricole, des lieux symboliques de la protection de l’environnement sont visés par les protestataires, sur fond de dénonciation des textes de loi et des directives européennes.

Un clivage écologie-agriculture encouragé par de nombreux partis politiques. Alors que l’extrême droite et la droite tonnent contre la « bobo écologie parisienne », selon les termes d’Olivier Marleix, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, Jean-René Cazeneuve (Renaissance), député et rapporteur du budget, a pointé, mercredi 24 janvier, sur X, les « écolos zadistes et menteurs » qui s’en « prennent à nos “agris” depuis des années ».

En aparté, de nombreux responsables d’associations environnementales s’exaspèrent de cette récupération politique et n’hésitent pas à souligner la différence entre le traitement réservé à certaines actions écologistes et la mansuétude de l’exécutif depuis quelques jours. A Agen, où la préfecture du Lot-et-Garonne a été ciblée, mercredi, les forces de l’ordre n’ont procédé à aucune intervention. Mais, hors de question pour la sphère écologiste de minimiser la crise vécue par le secteur agricole.

Multiplication des normes

« Le malaise de nombreux agriculteurs est réel, il ne faut surtout pas le nier », affirme Jacques Caplat, agronome, ancien conseiller en chambre d’agriculture et coordinateur des campagnes au sein de l’association Agir pour l’environnement. Dans un communiqué, Greenpeace France a même demandé au gouvernement d’« entendre la contestation » et de protéger les exploitants contre les « industriels de l’agroalimentaire » qui se font des « marges sur le dos des agriculteurs ».

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« Cette crise a des causes profondes qui ne sont pas toujours mises en avant mais que les exploitants subissent année après année : la pression sur les prix et les coûts de production, conséquence des nombreux accords de libre-échange, mais aussi l’incertitude de plus en plus grande sur les récoltes à cause du changement climatique », poursuit M. Caplat.

Même si leur argumentation est parfois inaudible, de nombreuses associations aimeraient élargir le débat à la mondialisation, aux aléas climatiques, à l’impératif de changer de modèle… Sans pouvoir échapper au sujet qui concentre les récriminations : la multiplication des normes. Mardi 23 janvier, à l’Assemblée nationale, Gabriel Attal s’est tourné vers les députés de gauche, dénonçant leurs « amis » qui empêchent l’extension des exploitations ou la construction de mégabassines.

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