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Un canapé en similicuir au milieu de la deux-voies, un comptoir improvisé sur palette, un groupe électrogène et des tracteurs sur des dizaines de mètres… Au croisement des autoroutes A9 et A54, à Nîmes, le barrage installé par les agriculteurs en colère depuis le mercredi 24 janvier est devenu le QG de la mobilisation gardoise. Au cinquième jour, lundi 29 janvier, la détermination ne semble pas faiblir. Une cinquantaine de personnes − des hommes et des femmes − se relaient pour tenir le blocus, jour et nuit. Tout autour, le réseau routier secondaire est saturé.

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Ici, malgré la fatigue, les manifestants sont résolus. Ils estiment que le premier ministre, Gabriel Attal, n’a pas répondu « aux spécificités de la région ». « On ne veut pas monter à Paris et risquer de perdre ce barrage, qui est devenu un lieu emblématique de notre lutte, souligne le président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles, David Sève. Sur cette autoroute [qui longe l’arc méditerranéen depuis la frontière espagnole] transitent chaque jour des milliers de poids lourds remplis de fruits et de légumes venus d’Espagne ou du Maroc qui tuent notre agriculture. »

Avec plus de 5 000 exploitations, près de 100 000 emplois (dont une très grande partie de saisonniers) et un chiffre d’affaires annuel de 900 millions d’euros, selon la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, l’agriculture représente le deuxième poumon économique du département, après le tourisme.

« Tout le monde est concerné »

« Notre particularité, c’est que nous avons une grande diversité de cultures et de profils agricoles, avec souvent d’assez petites parcelles, et un climat qui passe de la sécheresse aux inondations puis aux gelées, parfois à quelques semaines d’intervalle. Ces trois dernières années, nous avons eu à chaque trimestre une calamité agricole, observe Jean-Louis Portal, vigneron et élu à la chambre d’agriculture du Gard. Nous ne sommes pas une agriculture consommatrice de la politique agricole commune. Nous, nous sommes de plus petits exploitants. On a eu le sentiment que le gouvernement ne prenait pas en compte nos problèmes. »

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Entre les Cévennes et la Méditerranée, les 50 000 hectares de vigne accaparent plus de la moitié de la surface agricole gardoise et c’est bien cette filière qui semble mener la contestation. Outre les demandes d’allégement des démarches administratives et d’aides directes en matière de trésorerie, la filière viticole espère des mesures structurelles, « pour permettre l’arrachage définitif afin d’accompagner l’exploitant en fin d’activité qui n’a pas de repreneur ». Ou « des aides pour un arrachage temporaire le temps que la crise viticole passe », reprend M. Portal.

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