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Le mantra du terrain. Deux jours après son déplacement en Haute-Garonne, où il a annoncé une première série de mesures en réponse à la colère des agriculteurs, Gabriel Attal est reparti à leur rencontre, dimanche 28 janvier, dans une exploitation agricole près de Tours. « Si vous n’étiez pas venu, le département, je pense, aurait été à feu et à sang ce matin », lui a lancé la présidente de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) d’Indre-et-Loire, Frédérique Alexandre. « C’est bien que je sois là, alors », a souri le premier ministre. « Je ne sais pas si ça doit vous faire sourire », lui a rétorqué la responsable syndicale, y voyant une marque de vanité.

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« Vous savez, je présente mardi [30 janvier] ma déclaration de politique générale, a dû s’expliquer le locataire de Matignon, piqué au vif. Mes conseillers, tous ceux qui sont en costume gris derrière moi, me disaient de rester à Paris pour la préparer. J’ai souri parce que j’ai décidé de ne pas suivre les conseils qu’on me donnait et d’aller sur le terrain… » « Même si c’est difficile, même si je me fais engueuler, je ne veux pas perdre le fil du dialogue », a-t-il précisé plus tard. A ses côtés, le député Renaissance d’Indre-et-Loire Daniel Labaronne a vu dans cet échange « un moment de vérité ».

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Une semaine après le début de la crise, alors que la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) prédit une « semaine de tous les dangers », Gabriel Attal joue la carte de l’humilité. Dimanche en Indre-et-Loire, il a admis n’avoir « pas répondu » à « tout ce qui constitue le malaise et le mal-être de nos agriculteurs », malgré la dizaine d’annonces égrenées vendredi. Ces premières mesures, « ce n’est que le début », a-t-il promis, s’engageant à « continuer jour après jour, semaine après semaine, à avancer ».

« Je veux qu’on clarifie les choses et qu’on voie les mesures que l’on peut prendre, supplémentaires, sur ces histoires de concurrence déloyale », a notamment lancé le chef du gouvernement. Elles seront annoncées « dès mardi sans doute », précisait dimanche sur BFM-TV le ministre de l’agriculture Marc Fesneau, car « on a besoin de mesures qui viennent crédibiliser la parole publique ».

« Résolu à avancer vite »

« Même en une heure de discours, le gouvernement ne pourrait pas répondre » à toutes les filières et à toutes les régions, observe cependant le député Renaissance du Val-de-Marne Frédéric Descrozaille, ancien président du Centre national des jeunes agriculteurs, qui voit « pour la première fois, une telle multitude de revendications, souvent hyper-locales ».

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