
Pour le grand public, Willie Colón est un salséro célébré par Bad Bunny (Willie l’avait félicité en retour pour ses Grammys). Pour les amoureux du genre, Willie Colón occupe une place centrale dans la construction de la salsa. Plus que ça, Willie Colón était un des derniers géants de cette musique. A l’heure de la disparition de celui qu’on surnommait « El Malo », « Le jazz et la salsa » vous propose cinq morceaux pour découvrir ou se remémorer l’œuvre de Wilie Colón.
« Aguanile »
Que serait la salsa sans les trombones ? Avec treize albums publiés entre 1967 et 1975, le tromboniste Willie Colón est un des contributeurs majeurs du genre salsa, « inventé », ou tout du moins labellisé par la maison de disques Fania. Il s’est fait remarquer en introduisant des ingrédients portoricains dans une base principalement cubaine. Aux côtés de l’étoile filante à la voix d’or Héctor Lavoe, il a constitué l’un des duos les plus aimés de la musique afro-caribéenne.
« El Gran Varon »
Après ses collaborations avec Héctor Lavoe et Rubén Blades, Willie passe au chant et entame une troisième carrière. Sil le musicien s’est illustré dans la dernière partie de sa vie pour des prises de position conservatrices, ses productions des années 80 n’en restent pas moins emblématiques d’une salsa ancrée dans les problèmes sociétaux, comme en témoigne « El Gran Varon ».
« Usted Abuso »
Pilier de la Fania All-Stars, Willie Colón s’illustra également comme producteur, signant notamment La Voz, le premier album d’Héctor Lavoe. Mais c’est sa collaboration avec Celia Cruz qui reste l’une des pages les plus marquantes de sa carrière : selon la spécialiste Rosa Marquetti, ce travail commun représente ce que la légendaire chanteuse cubaine a accompli de plus abouti au sein de Fania, une association qui l’a poussée à se réinventer.
« Idilio »
Qui, dans une fosse surchauffée, n’a jamais eu un tympan brisé par une horde de fans réclamant « Idilio » ? Cette chanson cubaine, devenue emblématique du répertoire du Portoricain, connaît certainement avec Willie Colón une de ses plus belles interprétations.
« Pedro Navaja »
Choisir un titre issu de la collaboration entre Willie Colón et Rubén Blades relève de la gageure tant leur œuvre commune reste indissociable de l’image de ce dernier. Leurs relations orageuses, dignes des frères Gallagher, n’auront pas empêché les deux artistes de marquer durablement l’histoire, en signant ensemble « Siembra », l’album le plus vendu de la salsa, véritable manifeste de la salsa consciente.



