Meilleures Actions
Histoires Web vendredi, mars 1
Bulletin

Son départ était donné pour imminent. Il devrait être annoncé lors du prochain conseil des ministres, mercredi 14 février. Après douze ans de règne, Catherine Pégard, 69 ans, cédera la présidence du Château de Versailles à Christophe Leribault, 60 ans, qui dirige, depuis 2021, le Musée d’Orsay, selon une information simultanée de La Lettre A et du Figaro, publiée vendredi 9 février.

Lire l’entretien avec Christophe Leribault, président du Musée d’Orsay : Article réservé à nos abonnés « On doit rendre nos collections beaucoup plus intelligibles »

Cette nomination met un terme à trois ans de suspense. Nommée en novembre 2011 par Nicolas Sarkozy, dont elle fut la conseillère, reconduite cinq ans plus tard par François Hollande, puis de nouveau en 2019 par Emmanuel Macron pour trois ans, Catherine Pégard était frappée, depuis le 4 mars 2021, par la limite d’âge. Selon les règles de la fonction publique, l’ex-journaliste politique du Point devait alors préparer ses cartons. Trois ans plus tard, elle tient toujours la barre.

Le 22 janvier, Catherine Pégard fêtait en grande pompe les 400 ans du château de Versailles. Près de deux cents personnalités, dont Delphine Arnault et Xavier Niel (actionnaire à titre individuel du Monde) ; Slawomir Krupa, patron de la Société générale ; le décorateur américain Peter Marino et le galeriste Emmanuel Perrotin, avaient été conviées à un fastueux dîner de levée de fonds. « Catherine Pégard a fait un discours bref, enrobé et efficace », se souvient un convive, reparti comme les autres avec une brique en verre imaginée par l’artiste Jean-Michel Othoniel. Une semaine plus tard, l’infatigable maîtresse des lieux était toujours sur le pont pour mettre en scène l’amitié franco-chinoise sous les ors du théâtre royal.

Interminable intérim

Cet interminable intérim avait pourtant fait tiquer à plusieurs reprises les juristes de l’Etat. En décembre 2022 déjà, un projet de décret pour prolonger sa présidence avait été retoqué par le Conseil d’Etat. Sollicité en janvier 2023, le Sénat avait refusé de voter un amendement permettant à l’ancienne conseillère de Nicolas Sarkozy de rester en poste jusqu’aux Jeux olympiques. Quelques mois plus tard, en novembre 2023, un rapport de la Cour des comptes sermonnait ses tutelles : « Le maintien de la présidente au-delà la limite d’âge [depuis mars 2021], et au-delà du troisième et dernier mandat autorisé [depuis octobre 2022] est problématique. »

Lire le récit : Article réservé à nos abonnés La Cour des comptes critique le maintien de Catherine Pégard à Versailles

Ces trois dernières années, les candidats n’avaient pourtant pas manqué. Longtemps donné pour favori, Jean d’Haussonville, ancien directeur général du domaine national de Chambord, a fini par tomber en disgrâce, malgré le soutien appuyé du sénateur (Renaissance) de Côte-d’Or, François Patriat, un proche d’Emmanuel Macron. D’autres noms furent aussi écartés les uns après les autres : Sophie Makariou, ancienne directrice du Musée Guimet, qui a depuis rejoint l’agence Afalula ; Pierre-Olivier Costa, ancien conseiller de Brigitte Macron propulsé finalement à la tête du MuCEM à Marseille ; ainsi que l’ancienne plume de Jean Castex, Camille Pascal, un droitier défenseur de l’identité nationale. Le spécialiste de l’Ancien Régime, qui vit à Versailles, connaît tous les recoins du château. Mais sa campagne trop remarquée a fini par plomber sa candidature.

Il vous reste 50% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
© 2024 Mahalsa France. Tous droits réservés.