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Parce que les salariés ont œuvré au « redressement industriel » d’EDF, l’intersyndicale de l’électricien revendique, pour 2024, des augmentations salariales « à la hauteur du travail fourni » ces derniers mois. Dans un communiqué publié jeudi 18 janvier, ses quatre syndicats représentatifs (CFE-CGC, CGT, CFDT, FO) appellent à une journée de grève, mardi 30 janvier.

Une manière de « rappeler à la direction que, sans des salariés au travail, il n’y a pas de production de richesse ». L’idée ne sera alors pas de priver de courant les foyers français, mais plutôt de frapper les finances du groupe public, par exemple par la mise à l’arrêt de sites nucléaires. Ces derniers jours, des salariés ont déjà bloqué le redémarrage de deux unités, l’une à la centrale de Cruas (Ardèche) et l’autre à celle du Bugey (Ain).

Ce nouveau conflit social rappelle aussi que, dans ce secteur comme ailleurs, l’inflation fait toujours partie du paysage. Voilà déjà plusieurs années que l’indice des prix à la consommation progresse davantage que le salaire national de base dans la branche des industries électriques et gazières, sorte de point d’indice dont dépendent les rémunérations des quelque 64 000 salariés d’EDF SA dans le pays. D’où une « régression historique de leur pouvoir d’achat », est-il évoqué dans le communiqué, surtout depuis 2021.

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Pour 2024, dans toute la branche, l’augmentation générale sera de 2 % pour le salaire national de base. A cela, la direction de l’entreprise prévoit d’ajouter une hausse de 0,64 % liée à l’ancienneté, et de 1,5 % à titre individuel, au cas par cas. C’est trop peu, selon l’intersyndicale, qui a refusé, le lundi 8 janvier, de signer un accord en ces termes.

« Mesures individuelles plus ou moins fortes »

Le communiqué du 18 janvier s’abstient de préciser le pourcentage souhaité par les organisations de salariés. Contactée, la CFE-CGC indique avoir commencé la négociation annuelle obligatoire par un objectif de 4 % de hausses individuelles, en décembre 2023. Outre celle déjà obtenue au niveau de la branche, la CGT pousse pour une augmentation collective en plus, de l’ordre de 4,6 %. Ainsi que pour des hausses individuelles de 2,3 %.

Afin de justifier sa position, la direction d’EDF dit s’attendre à ce que l’inflation reflue. D’après les projections formulées par la Banque de France, la progression des prix à la consommation se situera autour de 2,5 % pour 2024 – contre 5,2 % en moyenne en 2022, et 4,9 % en 2023.

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Du côté de l’intersyndicale, au vu des bénéfices escomptés pour 2023, les organisations veulent à la fois couvrir l’inflation envisagée et rattraper une petite partie de celle des années précédentes. Au cumul, l’indice des prix a bondi de plus de 23 % depuis 2010, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques.

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