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Passé le choc de l’arrestation d’Armando Pereira, le 13 juillet 2023, pour des faits présumés de corruption, Altice (SFR, BFM-TV…) apprend à vivre sans le numéro deux officieux du groupe de Patrick Drahi. Comment faire sans l’homme d’affaires portugais, à qui rien n’échappait chez SFR, l’opérateur de télécoms ? Gestion de la base d’abonnés, investissements dans la fibre optique, accords avec les groupes de médias, relations avec les fournisseurs… tout remontait à M. Pereira, présent au siège d’Altice France, à Paris, au moins un à deux jours par semaine, où il pilotait d’une main de fer le principal actif de l’empire Drahi.

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Interrogée en octobre par le comité social et économique central (CSEC) de SFR sur les conséquences de l’absence soudaine de l’associé historique de Patrick Drahi, la direction de l’opérateur avait répondu qu’elle n’était pas « un facteur de ralentissement du processus de décision, encore moins un handicap à l’implémentation de ces décisions. Au contraire. » L’opérateur vivrait donc mieux sans son ancien numéro deux.

Sur le terrain, l’onde de choc a pourtant été violente. Du jour au lendemain, l’opérateur a mis fin aux relations avec les neuf fournisseurs incriminés dans l’affaire car ayant des relations avec Armando Pereira ou les autres inculpés. Ces entreprises, dont certaines n’avaient que SFR comme client, assuraient au total 45 prestations différentes : services informatiques (IT Center), agencement des boutiques SFR ou des studios de BFM-TV (Tirion), climatisation des bureaux (JPN), achat d’équipements télécoms (Aciernet et Edge Technologies)… Il a fallu trouver des remplaçants au pied levé. Certains fournisseurs qui, ces dernières années, avaient perdu leur place au profit de sociétés proches d’Armando Pereira ont même été rappelés en urgence. Au 31 décembre, tous les liens avec les neuf prestataires étaient coupés.

Remaniements

Brusquement, une dizaine de cadres ont été suspendus ou renvoyés, car impliqués dans les entreprises incriminées ou en raison d’une trop grande proximité avec Armando Pereira. Environ une quarantaine d’autres ont été entendus, sur la base du volontariat, par les deux cabinets d’avocats – Ropes & Gray et DLA Piper – mandatés par Altice pour mener un audit sur les pratiques du groupe.

Leurs téléphones et leurs ordinateurs ont été examinés. Une période mal vécue en interne, certains cadres se demandant pourquoi ils se retrouvaient dans le viseur alors qu’aucun des grands dirigeants historiques d’Altice n’a été inquiété, mis à part Alexandre Fonseca, le patron de la filiale portugaise, qui n’a quitté le groupe que début janvier, après six mois de mise à l’écart, et Yossi Benchetrit, directeur des achats d’Altice USA et gendre d’Armando Pereira.

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