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La première médaille des Jeux olympiques de Paris 2024 ne sera pas décernée à Paris. Ni en Seine-Saint-Denis, un département central de la manifestation, ni même en Ile-de-France, mais à Déols, dans l’Indre. Ce sera le 27 juillet, au lendemain de la cérémonie d’ouverture. Une exposition médiatique inhabituelle attend cette commune de 7 500 habitants collée à Châteauroux. Le stand de tir situé sur son territoire devrait être copieusement rempli ce matin-là de photographes et de cameramen du monde entier dépêchés pour immortaliser la finale du tir à la carabine mixte 10 mètres. Un événement auquel très peu d’habitants du cru devraient assister.

Châteauroux, 43 000 habitants – le nom de Déols n’apparaît jamais –, n’est pas la seule ville en dehors de Paris à figurer sur la carte des Jeux. Lille accueillera le basket-ball et le handball, Marseille la voile mais aussi le football, tout comme Nantes, Lyon, Saint-Etienne, Nice et Bordeaux. C’est parce qu’elle possède un équipement sportif de standing international que la préfecture de l’Indre a été retenue pour accueillir les épreuves de tir, du 27 juillet au 5 août : le Centre national de tir sportif (CNTS), un énorme vaisseau de 140 000 mètres carrés propriété de la Fédération française de tir (FFTir). Pour financer sa construction – 38 millions d’euros –, les pratiquants avaient dû accepter pendant plusieurs années une augmentation de leur licence de 15 euros, le prix d’une boîte de cartouches.

Dans le Centre national de tir sportif, à Déols (Indre) lors d’un stage d’évaluations nationales des tireurs français, le 15 janvier 2024.
Dans le Centre national de tir sportif, à Déols (Indre) lors d’un stage d’évaluations nationales des tireurs français, le 15 janvier 2024.

Inauguré en 2018, le bâtiment n’était pas le premier choix de Paris 2024. La création d’un stand de tir temporaire à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) avait longtemps tenu la corde avant d’être retoqué à l’été 2022 : la dépollution du terrain, gorgé d’hydrocarbures, aurait lourdement augmenté la facture de l’installation, qui plus est vouée à être démontée après les Jeux. Plan B situé à environ 270 kilomètres au sud de la capitale, Châteauroux s’est finalement imposée, pour une ardoise au moins dix fois inférieure : 3 millions d’euros, soit le montant de l’indemnisation versée par Paris 2024 à la FFTir pour l’utilisation du CNTS.

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Le coup est joli pour le maire et président de la communauté d’agglomération, Gil Avérous (divers droite), qui a su mener un lobbying discret pendant plusieurs années. « Personne ne voulait de Châteauroux au départ, se souvient-il. On n’osait pas nous le dire, mais c’était : “Allez voir ailleurs.” » Egalement président de l’association Villes de France, ex-Fédération des maires des villes moyennes, l’élu savoure davantage qu’un succès personnel : l’avènement d’une forme de décentralisation en faveur des agglomérations de taille modeste, un mouvement dont bénéficie également Bourges (63 000 habitants), située à 65 kilomètres et récemment désignée capitale européenne de la culture 2028. Jamais le Berry n’avait été à pareille fête.

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