Alors que Jackie Kennedy ressurgit à l’écran sous les traits de Naomi Watts dans la série Love Story ­ (diffusée sur Disney +), consacrée à l’histoire d’amour entre son fils John F. Kennedy Jr. et Carolyn Bessette, l’un de ses accessoires signature reprend du service dans la mode. Dans les années 1960, la First Lady américaine s’est fait connaître pour son style sophistiqué, ses gants blancs et ses grandes lunettes noires mais aussi ses toques, appelées outre-Atlantique « pillbox hats » (« boîte à pilules »), en écho aux boîtes utilisées pour conserver les médicaments dont ils reprennent la forme.

Ces petits couvre-chefs ronds, sans bord, avec des côtés droits et un dessus plat, portés sur le haut de la tête, ont fait un retour très remarqué sur les podiums – d’Altuzarra à Emporio Armani en passant par Alaïa et Chloé –, avant d’envahir les comptes Instagram et les conversations sur Substack, cette très populaire plateforme de newsletters par abonnement. En août, dans un article intitulé « Pourriez-vous porter un chapeau pillbox ? », le Financial Times retraçait l’histoire de cet accessoire « depuis longtemps synonyme d’une ­certaine bienséance frôlant la pruderie », relégué au second plan ces dernières années, face à la domination des casquettes de baseball et des bobs.

On ne sait jamais qui donne vraiment le coup d’envoi ­officiel d’une tendance mais, en juillet, Pamela Anderson a fait sensation en portant une toque à l’imprimé léopard lors de son passage à Londres pour promouvoir la comédie Y a-t-il un flic pour sauver le monde ? Un clin d’œil à la chanson Leopard-Skin Pill-Box Hat (1967) de Bob Dylan – une satire des codes de la mode et de la superficialité.

Dans son article de février titré « Fatigués des bonnets à pompon ? Le pillbox de Jackie Kennedy est le remède idéal », The Times indique d’ailleurs que le morceau de Bob Dylan connaît lui-même un regain d’intérêt. Le journal mentionne aussi l’apparition remarquée de l’actrice Ayo Edebiri, star de la série The Bear, lors du défilé Chanel Métiers d’art, en décembre, à New York, portant un « pillbox » noir assorti à son tailleur jupe Chanel, « un hommage à Jackie Kennedy ».

Un attirail très « lady », qui comprend aussi d’autres pièces, comme le souligne l’édition américaine de Vogue dans son article « Les accessoires d’hiver font un bond dans le temps », en référence à ces chapeaux mais aussi aux gants d’opéra, carrés de soie ou broches à pampilles. Dans l’article, la journaliste Jalil Johnson établit un parallèle entre les années 1960, où l’optimisme technologique porté par la conquête spatiale cohabitait avec une élégance ultra-codifiée, et notre ère dominée par l’intelligence artificielle qui voit renaître des accessoires structurés et rassurants comme le pillbox.

Mais plus qu’un simple geste nostalgique, ce retour filtre l’héritage rétro à travers un regard stylistique contemporain. En témoignent les versions grand format de ces toques 2026, à la dimension architecturale, affirmant une modernité assumée.

Chapeau Uma, en feutre de cachemire ; veste et pantalon, Loro Piana ; tous les bijoux sont personnels.
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