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La rue Henri-Puype est silencieuse, les volets sont baissés. Les habitants ont trouvé refuge dans leur famille ou dans des gîtes loués grâce à leur assurance. Ce n’est pas le froid et la neige, tombée en abondance le 17 janvier, qui ont éloigné les riverains de ce quartier d’Arques (Pas-de-Calais), mais l’eau de la Basse-Meldyck, qui a déferlé trois fois depuis début novembre 2023. Les maisons sont dévastées, suintent l’humidité et même si les riverains ont évacué la boue laissée par le reflux, elles sont inhabitables.

C’est trop pour Stéphane, automaticien chez le verrier Arc International, occupé à attaquer en cette mi-janvier les placoplatres de son rez-de-chaussée avec un burin. Il ne compte plus le temps passé pour embellir sa maison et améliorer son confort mais « on ne peut plus vivre ici. Même s’ils font des travaux de curage, s’ils montent les digues, l’eau sera toujours plus forte », soupire cet homme de 60 ans qui, désormais, aspire à être exproprié parce qu’il « n’y a plus d’autre solution ».

Il a entendu parler du projet du maire qui imagine déjà rebâtir ici un nouveau quartier. « La plupart des habitants de cette rue ne veulent même plus rentrer dans leurs maisons. Ils en sont là. Ils ont les bras cassés », constate Benoît Roussel, le maire (PS) de cette commune de l’Audomarois. Ce jeune élu essaie de penser à la suite pour les habitants de la rue Henri-Puype, la plus à risques dans sa commune.

Lire le reportage : Article réservé à nos abonnés Dans le Pas-de-Calais, le cauchemar des inondations à répétition : « Avec l’eau, on ne peut rien faire »

« Il faut qu’ils puissent retrouver leurs billes, ce qu’ils ont payé pour l’acquisition de leurs maisons mais aussi pour les travaux. Pour les gens qui vivent ici, leur maison, c’est leur seul patrimoine », observe Benoît Roussel. Il imagine « remplacer les habitations de cette rue inondable par des logements surélevés ou avec des garages en rez-de-chaussée », mais cette commune de 9 900 habitants n’a évidemment pas les moyens d’acquérir toutes les maisons pour lancer une opération immobilière de cette ampleur.

« Il y a des endroits où il ne doit plus y avoir de logements »

Il a bien entendu Christophe Béchu, le ministre de la transition écologique, déclarer le 4 janvier que « regarder la réalité en face, c’est dire qu’il y a des endroits où il ne doit plus y avoir de logements », mais il parie sur une autre manière de construire. Et pour financer ce projet, « en cumulant ce que les habitants toucheront des assurances et une intervention de l’Etat, on doit pouvoir raser et reconstruire autrement ».

Bertrand Petit, député (PS) de l’Audomarois, l’assure, la question de l’expropriation par l’Etat et de l’indemnisation des propriétaires vivant dans les zones les plus exposées aux inondations a été évoquée lors de la venue du nouveau premier ministre, Gabriel Attal, le 9 janvier. « Il n’a pas fermé la porte mais il faut regarder au cas par cas pour tirer toutes les conséquences de ces inondations à répétition. »

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