Anne Gerbeaux, une retraitée de 73 ans, a longtemps été « fascinée » par la simplicité d’usage des outils de Google. En 2026, cependant, elle a « décidé de faire [ses] adieux à la messagerie Gmail ». Un choix motivé par l’envie de « rapatrier ses données en Europe, auprès de prestataires qui ne les vendront pas à des publicitaires ». Accompagnée par l’association girondine Libretic, cette bénévole dans un centre social du département a commencé à s’orienter vers un fournisseur de messagerie libre, garanti « sans Gafam [Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft] ».
Comme Libretic, plusieurs associations aident les particuliers à chercher des solutions de remplacement aux produits des Big Tech américaines. Pour Mme Gerbeaux, le déclic s’est produit en 2016, dans le sillage de l’affaire Cambridge Analytica, une entreprise britannique ayant joué un rôle de premier plan dans la campagne présidentielle de Donald Trump. Elle découvre que les données numériques peuvent être manipulées pour influencer le cours d’une élection.
« Sidérée », elle s’intéresse aux enjeux politiques des outils informatiques du quotidien. « J’ai alors découvert le poids écologique aberrant des Gafam, notamment les serveurs informatiques bouffeurs d’énergie, qui ont besoin d’être constamment refroidis », explique-t-elle. L’allégeance des grands patrons de la tech à Donald Trump, après sa réélection, en novembre 2024, a été pour elle le « coup de grâce ». « Un fou comme Trump peut choisir d’appuyer sur un bouton et supprimer notre accès aux principales plateformes », observe-t-elle.
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