Une station-service à Rely (Pas-de-Calais), le 5 mars 2026.

Le ministre de l’économie, Roland Lescure, a évoqué vendredi 6 mars la hausse des prix du carburant mais a assuré qu’il n’y avait pas de « risque d’approvisionnement à court terme », malgré le « choc » provoqué par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie.

« Nous faisons face à un choc externe. Il faut garder notre sang-froid et rester agile, car la situation change tous les jours, à la fois [en Iran] et ici », a souligné le ministre de l’économie dans un entretien au Parisien. Sur une semaine, la hausse est de « 5 à 15 centimes d’euro sur le SP95 » et de « 15 à 20 centimes sur le gazole », a détaillé M. Lescure.

Ce dernier a rappelé avoir réclamé des « contrôles quotidiens », tandis qu’il avait annoncé, jeudi, avoir demandé à la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) de s’assurer que les hausses des prix des carburants étaient « raisonnables compte tenu de la hausse du prix du baril » de pétrole. « Si certaines [stations-service] profitent de la situation, elles doivent être ramenées dans le rang », a affirmé M. Lescure, constatant que des « prix beaucoup plus élevés », par rapport à la hausse des cours du pétrole, étaient pratiqués par une « part marginale » des distributeurs de carburant.

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« Si les [abus] sont confirmés, on procédera sans sourciller au “name and shame” », a assuré le ministre de l’économie, en référence à la pratique consistant à rendre public le nom des entreprises non vertueuses.

« Tout à fait vertueux »

Le président du syndicat professionnel Mobilians, qui représente 5 800 stations-service traditionnelles (hors grandes surfaces), a, pour sa part, déclaré n’avoir « pas peur des contrôles » concernant les prix des carburants. « La plupart de mes adhérents sont tout à fait vertueux », a déclaré Francis Pousse sur RMC.

« Le contrôle des marges est possible, mais je tiens quand même à rappeler que le carburant bénéficie d’une liberté des prix au même titre que la baguette de pain », a ajouté M. Pousse. A ce titre, le président de Mobilians ne voit « pas comment la DGCCRF pourrait sanctionner des stations-service qui éventuellement profiteraient, ce que je réprouve complètement », a-t-il poursuivi.

Le président de Mobilians a également souligné que les indépendants devaient faire face à la « concurrence accrue des discounters de carburants », rappelant « qu’en France les grandes surfaces représentent 63 % de parts de marché ».

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Vendredi matin, les prix du pétrole étaient en léger repli : vers 7 h 30, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, cédait 0,57 %, à 84,92 dollars, après avoir grimpé de 4,93 % jeudi. Celui du WTI nord-américain se repliait de 0,85 % à 80,34 dollars ; il avait flambé jeudi, augmentant de 8,51 %.

Le Monde avec AFP

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