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L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

C’est un film qui commence plutôt bien, dans l’étrangeté de scènes où l’on ne saisit pas tout, comme souvent chez Arnaud des Pallières, auteur d’essais expérimentaux – Drancy Avenir (1997), Poussières d’Amérique (2011) – et de drames historiques (Michael Kohlhaas, 2013), etc. Captives, son dernier long-métrage de fiction, très documenté, s’ouvre sur le beau visage fatigué d’une femme, que l’on emmène sans ménagement derrière les grilles d’une institution. Fanni (Mélanie Thierry) se voit dépossédée de ses habits, puis soumise à un interrogatoire intrusif par une sorte de gouvernante dont la coiffe accentue la sévérité des traits (Marina Foïs, quasi méconnaissable), et que tout le monde appelle la Douane.

Nous sommes en 1894, à l’hôpital de la Salpêtrière, à Paris, au lendemain de la mort du professeur Charcot (1825-1893), connu pour ses travaux sur l’« hystérie féminine » et ses séances d’hypnose censées en déceler les symptômes – il fut incarné par Vincent Lindon dans Augustine (2012), d’Alice Winocour.

Officiellement, Fanni se présente comme une simple domestique, sans travail. Plus tard, elle expliquera à ses camarades d’infortune qu’elle mène une vie bourgeoise et s’est fait interner uniquement pour tenter de retrouver sa mère, elle-même enfermée depuis de nombreuses années, sous une identité falsifiée. La première partie du film s’inscrit dans le cadre de l’enquête clandestine que mène l’héroïne, tandis que la Douane et la surveillante générale, Marguerite Bottard, dite Bobotte (Josiane Balasko), guettent le moindre faux pas.

L’ambiance est d’autant plus électrique que le « bal des folles » approche – déjà chroniqué dans le film du même nom de Mélanie Laurent, sorti en 2021 sur Amazon – auquel se pressera la haute société. Les répétitions commencent, et c’est au milieu de cette effervescence que Fanni va trouver quelques marges de liberté, pour fouiller dans les archives, poser des questions ici et là.

Brochette de stars françaises

Fanni noue des liens, tente de s’intégrer, ce qui permet au spectateur de découvrir une galerie de portraits de malheureuses, jeunes ou âgées, privées de liberté sous des motifs fallacieux. Il y a aussi cette grande dame, pianiste de renom (Carole Bouquet), qui tente désespérément de faire valoir que sa famille s’est débarrassée d’elle pour des questions d’héritage.

La brochette de stars du cinéma français, à laquelle il faut ajouter Yolande Moreau, cohabite plutôt bien avec les actrices non professionnelles, dont certaines sont handicapées. Mais on se passerait de quelques scènes chocs, grimaçantes, qui sonnent faux, visant à « reconstituer » des actes de démence ainsi que l’atmosphère violente du lieu.

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