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« Cabri mort n’a pas peur du couteau. » Ce proverbe ivoirien, Aliou Cissé l’a bien entendu. Même si ses hommes ont aiguisé leurs crampons, le sélectionneur du Sénégal est averti : la Côte d’Ivoire, même blessée, traumatisée, humiliée, veut renaître de ses larmes sur la pelouse verdoyante du stade Charles-Konan-Banny de Yamoussoukro.

Lundi 29 janvier, les Lions de la Teranga ont affronté des Elephants qui avaient égaré leurs défenses depuis le début de « leur » Coupe d’Afrique des nations (CAN). Ils les ont retrouvés après un match au scénario irréel en sortant le Sénégal aux tirs au but (1-1, 4-5 t-a-b).

Ce huitième de finale est le match des déséquilibres. Le Sénégal est la seule équipe du tournoi qui a remporté ses trois matchs de poules (9 points, 8 buts marqués pour un seul encaissé). Toutefois, le sage Cissé se méfie. « Nos 9 points, tout ça, c’est le passé, a-t-il pointé en conférence de presse, la veille du match. Nous respectons tout le monde mais nous ne craignons personne. Nous sommes nos propres ennemis. On a fait de bons débuts mais tout ça ne comptera plus demain, c’est fini. C’est une nouvelle compétition [qui commence]. »

La Côte d’Ivoire, quant à elle, a été la seizième et dernière équipe repêchée pour la phase à élimination directe (3 points, 2 buts marqués pour cinq concédés). « Cette résurrection, elle vient vraiment de loin, a reconnu le nouveau sélectionneur, Emerse Faé, ancien adjoint de Jean-Louis Gasset qui s’est retiré après le revers cinglant contre la Guinée équatoriale (0-4). C’est une deuxième chance que Dieu nous donne. Sincèrement, on n’a pas le droit de ne pas jouer cette deuxième chance à fond. »

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Milliers de tuniques orangées

Dans la capitale du pays, Dieu est sur toutes les lèvres. De la basilique – plus large édifice chrétien du monde –, aux modestes échoppes bordant des rues larges et qui s’étirent à l’infini, tout le monde veut croire au « miracle ». Tous les signes sont bons à prendre, comme celui de voir l’équipe jouer non plus à Abidjan mais à Yamassoukro, sur la terre natale de Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire. « Il y a de la confiance, et comme on dit chez nous : “Homme couché, n’a plus peur de tomber” », clame Boris Odilon, journaliste ivoirien à Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI), la télévision nationale.

Les larmes ont séché, et la chaleur n’y est pour rien. « Ça serait pour moi inadmissible que les attitudes ne changent pas alors qu’on revient de si loin », a insisté Emerse Faé. A 40 ans, le sélectionneur par intérim a vécu son premier match d’une intensité folle. Il a voulu voir « de vrais Elephants » sur le terrain et qu’ils « se rachètent » de leur fiasco. Message reçu.

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