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L’objectif officiel de la Banque centrale européenne (BCE) est de maintenir l’inflation à 2 % sur le moyen terme. En février, en zone euro, celle-ci s’élevait à 2,6 %, selon les données publiées par Eurostat, vendredi 1er mars. Il s’agit du cinquième mois d’affilée sous la barre des 3 %, très loin du pic de 10,6 % atteint en octobre 2022. Il n’y a plus que trois pays au-dessus de 4 % (l’Autriche, la Croatie et l’Estonie), et quatre au-dessous de 2 % (la Finlande, l’Italie, la Lettonie et la Lituanie). La France, elle, est à 3,1 %.

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Objectif presque tenu ? L’heure de crier victoire dans la lutte contre l’inflation ? Pas encore, répond en substance la BCE, dont les taux d’intérêt influencent l’économie des vingt pays et 350 millions d’habitants de la zone euro. Face au Parlement européen, lundi 26 février, Christine Lagarde, sa présidente, répétait une nouvelle fois que le compte n’y était pas encore : « Le processus actuel de désinflation devrait continuer, mais le Conseil des gouverneurs a besoin d’avoir confiance dans le fait que cela va nous mener durablement à notre objectif de 2 %. »

Deux jours plus tard, Peter Kazimir, le gouverneur de la banque centrale slovaque, et l’un des vingt-six membres de l’instance décisionnaire de l’institution, traduisait en langage courant la même pensée : « Il n’y a pas de raison de se précipiter. Une baisse des taux d’intérêt en juin serait ma date préférée. Avril [la réunion précédente] serait une surprise, et mars est exclu. » La réunion du Conseil des gouverneurs, jeudi 7 mars, s’annonce donc sans surprise.

Même Yannis Stournaras, qui dirige la banque centrale de Grèce, et qui est généralement considéré comme une colombe (autrement dit favorable à des taux plus bas), n’envisage pas de baisse avant juin. Un sondage d’économistes effectué par l’agence financière Bloomberg va dans le même sens : ceux-ci prédisent en moyenne trois baisses des taux en 2024, la première en juin.

Bras de fer

La pression politique commence pourtant à se faire sentir. L’économie de la zone euro est entrée en stagnation depuis un an. Sur les quatre trimestres de 2023, la croissance a été successivement de 0,1 %, 0,1 %, – 0,1 % et 0 %. En marge du G20 des ministres des finances au Brésil, Fernando Medina, le ministre portugais, a ouvertement critiqué la BCE, jeudi.

« Plusieurs pays européens connaissent un fort ralentissement. Dans certains, il y a déjà une stagnation ou une récession. En ce moment, le risque de laisser la situation telle quelle est plus élevé que de démarrer le processus de réduire les taux d’intérêt. L’économie a déjà assez ralenti », a-t-il estimé. L’Allemagne, qui représente le tiers de l’économie de la zone euro, a connu une récession de – 0,3 % en 2023.

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