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Violaine de Filippis voulait entendre le résultat du vote depuis la place du Trocadéro, à Paris, et sentir l’effervescence du moment. Ce lundi 4 mars, l’air est printanier et la joie de l’avocate, porte-parole de l’association Osez le féminisme, exulte lorsque résonne la voix de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, dans les haut-parleurs installés sous un écran géant : les parlementaires, réunis en congrès à Versailles, ont adopté à 780 voix, soit bien plus que la majorité requise (512 voix), l’inscription du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution. « Historique », résume la militante, accompagnant les hourras de la foule. « C’est une victoire féministe ! », insiste-t-elle.

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Sur la place, les pancartes « MLF », évoquant le Mouvement de libération de la femme, fondé en 1970 à une époque où l’IVG était criminalisée, se dressent devant une tour Eiffel scintillante, affichant sur son fronton le mot dièse : MonCorpsMonChoix. « Cette inscription historique demandée avec force par les féministes et une large majorité de parlementaires sera un élément positif à mettre à l’actif du bilan d’Emmanuel Macron », admet, depuis Versailles, Sylvie Pierre-Brossolette, présidente du Haut Conseil à l’égalité des femmes. « Le chef de l’Etat a été dans son rôle. Merci à Emmanuel Macron d’avoir rendu possible cette victoire », embraye Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, encore émue d’avoir entonné l’hymne des femmes au Congrès.

Le chef de l’Etat s’est longtemps tenu à l’écart du cheminement législatif du projet, redoutant notamment un échec qui signerait son impuissance. Mais à peine le vote remporté, le président de la République annonce sur le réseau social X la cérémonie à venir le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, une manière de s’approprier cette démarche parlementaire. « Fierté française, message universel. Célébrons ensemble l’entrée d’une nouvelle liberté garantie dans la Constitution par la première cérémonie de scellement de notre histoire ouverte au public », promet-il. Place Vendôme, le garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti, apposera ce jour-là une galette de cire contre le sceau de la République pour officialiser la loi constitutionnelle du 8 mars 2024. Des représentantes d’associations féministes seront conviées pour ce qui doit être une grande fête populaire.

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« Arrêter ce glissement réactionnaire »

L’occasion rêvée pour que le président de la République fasse valoir son « féminisme », qui, aux dires de l’Elysée, est « un universalisme ». « Emmanuel Macron se bat pour qu’on n’assigne pas quelqu’un à sa condition, à son genre », insiste-t-on rue du Faubourg Saint-Honoré. Et l’Elysée de s’enflammer, imaginant le décennat d’Emmanuel Macron qualifié de « féministe » en égrainant le travail accompli avec, notamment, la mise en place du téléphone grand danger pour lutter contre les violences faites aux femmes, le plan de lutte contre l’endométriose ou la PMA pour toutes. « On a beaucoup galvaudé le terme historique mais, aujourd’hui, il est pleinement justifié », applaudit la secrétaire d’Etat à l’égalité homme-femme, Aurore Bergé, qui a sablé, lundi soir, dans son bureau, le champagne avec quelques militantes féministes.

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