L’incident survenu lors du tournoi d’escrime The Cherry Blossom, à l’université du Maryland, dans la banlieue de Washington, dimanche 30 mars, est devenu viral aux Etats-Unis, charriant son lot de controverses. Les faits : une fleurettiste a été disqualifiée après quatre combats. La raison : elle a refusé d’affronter Redmond Sullivan, athlète transgenre passée de l’équipe masculine à l’équipe féminine du Wagner College, à Staten Island (New York) en 2024.
Pour son cinquième match, après être montée sur la piste, Sophie Turner a d’abord retiré son masque, puis posé un genou à terre en signe de protestation. « J’ai regardé l’arbitre et j’ai dit : “je suis désolée. Je ne peux pas faire ça. Je suis une femme et c’est un homme, c’est un tournoi féminin” », a raconté l’intéressée sur la chaîne Fox News. La tireuse a reçu un carton noir, synonyme d’exclusion immédiate, puis a été informée qu’elle ne pourrait pas poursuivre le tournoi.
La jeune femme a reçu le soutien public de la légende du tennis américano-tchèque Martina Navratilova, qui estime de longue date qu’une sportive transgenre bénéficie d’avantages physiques qu’elle assimile à de la tricherie. « C’est ce qui arrive lorsque les athlètes féminines protestent ! Quelqu’un pense encore que c’est juste ? (…) Comment osez-vous jeter les femmes sous le bus de la “connerie” du genre ! », a écrit, sur son compte X, l’ex-numéro 1 mondiale.
« Attachés à l’inclusivité au sein de notre sport »
The Cherry Blossom n’était pas organisé par la National Collegiate Athletic Association (NCAA), l’instance qui régit les compétitions universitaires aux Etats-Unis. Celle-ci avait annoncé, le 6 février, qu’elle allait interdire aux personnes transgenres de participer à ses événements dans les catégories féminines, se pliant ainsi au décret pris la veille par l’administration Trump.
Dans une déclaration transmise à plusieurs médias du pays, USA Fencing, la fédération nationale sous l’égide de laquelle se déroulait le tournoi, a précisé que la disqualification de Sophie Turner n’était pas « liée à une déclaration personnelle », mais la conséquence directe « de sa décision de refuser de tirer contre un adversaire éligible », en violation des règlements.
« Nous restons attachés à l’inclusivité au sein de notre sport tout en respectant toutes les exigences dictées par notre organe directeur », a encore commenté la fédération. La politique d’USA Fencing concernant les athlètes transgenres et non binaires, promulguée en 2023, leur permet de participer à ses compétitions « d’une manière conforme à leur identité/expression de genre, quel que soit le genre associé au sexe qui leur a été assigné à la naissance ».
L’instance reconnaît dans son communiqué l’existence d’un débat sur le sujet et dit s’engager à « modifier [s]a politique » si des recherches plus pertinentes venaient à mettre en lumière une véritable inéquité sportive – « fondée sur des preuves » – ou en cas de changements « dans le mouvement olympique et paralympique au sens large ».