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Ils ne se sont pas aventurés dans les rues de Moroni mardi 16 janvier au soir, à l’annonce des résultats de l’élection présidentielle, qui ont donné le président sortant, Azali Assoumani, vainqueur dès le premier tour avec 62,97 % des votes. Mais dès le lendemain, les partisans de l’opposition ont investi la capitale des Comores. Depuis, les émeutes se propagent à travers le centre-ville, d’où est monté, tout au long de ce « mercredi noir », un épais nuage de fumée.

Il émane de dizaines de barricades improvisées par les manifestants, qui ont brûlé des pneus, des carcasses de voiture et des poubelles, dans un climat quasi insurrectionnel. Une quinzaine de barrages ont également été dressés sur la route nationale reliant l’aéroport international à la capitale, Moroni. Venue de Batsa, un village situé dans la banlieue nord de la capitale, une vingtaine d’adolescents bloquait dans la matinée la chaussée avec un amas de roches noires (présentes en abondance sur cette île volcanique), scandant « Azali Nalawe ! » (« Azali dégage ! » en langue shikomori), le principal slogan relayé par les partis d’opposition pendant la campagne électorale.

Ancien chef d’état-major, arrivé au pouvoir en 1999 à la faveur d’un putsch, Azali Assoumani cumule quinze années à la tête de l’Etat comorien. Après un premier mandat de président, entre 2002 et 2006, il s’est imposé à nouveau dans les urnes en 2016, puis en 2019. Sa victoire, à l’issue du scrutin qui s’est tenu dimanche 14 janvier, lui permet de rester aux affaires jusqu’en 2029.

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« Un ras-le-bol généralisé »

Mais les dernières élections ont été émaillées de « grossières fraudes », a dénoncé l’opposition dans un communiqué commun publié mercredi 17 janvier. La Commission électorale nationale indépendante (CENI), accusée de proximité avec le pouvoir et d’obstruction pendant le décompte des votes, a dit avoir enregistré un étonnant taux de participation de 16,30 % lors du scrutin présidentiel, bien loin de son estimation de 60 %, lors du vote dimanche. « Cela montre le côté arbitraire et sans fondements des chiffres annoncés par la CENI », pointent les cinq partis d’opposition, regroupés au sein d’un front commun, tout en précisant ne pas être à l’initiative des débordements.

« Ce sont des mouvements spontanés, qui expriment un ras-le-bol généralisé, sur lesquels nous n’avons pas le contrôle », assure Ibrahim Abdourazak, secrétaire du front uni de l’opposition. Les émeutes se sont diffusées comme une traînée de poudre à travers l’île de Grande Comore, où se trouve Moroni. De manière souvent désordonnée, comme en témoignent les scènes de vandalisme relayées sur les réseaux sociaux aux abords d’un entrepôt de stockage de riz, à Moroni.

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