Marie Denarnaud et Prune Bozo dans « Scènes d’intérieur », de Mélanie Leray et Edouard Delelis, lors de la création à Fouesnant (Finistère), le 3 mars 2026.

Trop de tensions tuent l’attention. C’est sur ce regret que l’on quitte la représentation de Scènes d’intérieur, à l’affiche au Théâtre du Rond-Point, à Paris. Un spectacle signé Mélanie Leray, qui avait déjà mis en scène Girls and Boys, récit glaçant d’un infanticide écrit par le Britannique Dennis Kelly, interprété par Constance Dollé, et récompensé en 2019 par le Molière du meilleur seul-en-scène.

Lire la critique (en 2019) : Article réservé à nos abonnés Constance Dollé muscle son jeu au théâtre

Sept ans plus tard, la metteuse en scène s’entoure d’une constellation de comédiens (certains en jeu sur le plateau, d’autres filmés pour l’écran cinéma) et s’inspire d’un classique norvégien, Une maison de poupée, d’Henrik Ibsen, pour tricoter un drame enchevêtré, oppressant et bien trop signifiant sur le thème des violences conjugales.

Dans un décor divisé en deux (en l’air, l’écran ; au sol, l’espace du théâtre, avec la reconstitution d’une chambre d’hôtel), le drame diffracte trois parcours féminins dont les issues divergent, comme trois variantes possibles d’une libération promise au succès ou vouée à l’échec. Le moins que l’on puisse dire, c’est que, de la fin du XIXe siècle (la pièce d’Ibsen date de 1879) à nos jours (le spectacle proposé au Rond-Point), l’émancipation a rétropédalé et le patriarcat gagné en sauvagerie.

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