
Des dizaines de civils ont été tués dans des frappes de drones dans le sud du Soudan ces deux derniers jours, ont affirmé, mercredi 11 mars, à l’Agence France-Presse (AFP) des sources médicales, alors que les combats s’intensifient dans cette région après près de trois ans de guerre.
Dans l’Etat du Nil Blanc, qui se situe à l’est du Kordofan-Sud déjà visé quotidiennement par des attaques de tels engins, une frappe a entraîné la mort de 17 civils, mercredi, a déclaré à l’AFP une source médicale à l’hôpital local. Au moins neuf autres ont été blessés, selon la même source.
La veille, dans la région du Kordofan-Ouest, au moins 40 personnes avaient été tuées, également dans une attaque de drone sur un camion dont les passagers se rendaient à des funérailles, a appris l’AFP, mercredi, auprès d’une source médicale et d’un témoin. « La plupart des victimes étaient des femmes », selon la source médicale. Appartenant pour la plupart à une même famille, elles « se dirigeaient vers Al-Foula pour présenter leurs condoléances » après une frappe qui avait endeuillé, dimanche, le marché d’une localité voisine, dans cette zone contrôlée par les paramilitaires, selon un témoin joint par l’AFP. Ni lui, ni la source médicale n’ont pu donner d’information sur l’origine du tir de mardi.
La guerre sans merci qui oppose au Soudan depuis 2023 d’anciens alliés s’est intensifiée ces derniers mois avec une multiplication des attaques meurtrières de drones sur des zones résidentielles peuplées, des écoles ou des hôpitaux.
Le Kordofan, une région cruciale pour le contrôle du pays, est au cœur des combats que se livrent l’armée régulière et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), avec chaque jour des annonces de frappes et des bilans sanglants.
« Des attaques de drone sont menées partout »
Le 8 mars, des frappes de drones imputées à l’armée soudanaise ont fait 33 morts et 59 blessés sur les marchés d’Abou Zabad et de Wad Banda, selon un médecin de l’hôpital local joint par l’AFP.
Le même jour, une attaque de drone, également imputée à l’armée, a tué onze personnes et en a blessé vingt, sur un marché à Nyala, la capitale régionale du Darfour (ouest) où siège l’administration parallèle des FSR, selon un communiqué de Médecins sans frontières (MSF) au Soudan. Les autorités civiles du Darfour-Sud avaient dénoncé cette attaque, en faisant état de dix morts, mais l’AFP n’avait pas été en mesure de confirmer l’information de source indépendante, dans cette zone inaccessible contrôlée par les FSR.
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« Des attaques de drones sont menées partout au Soudan, par toutes les parties en conflit, faisant des blessés et des morts », a déploré MSF en appelant les combattants à « prendre les mesures nécessaires pour protéger les civils et les travailleurs humanitaires ».
La guerre a fait des dizaines de milliers de morts et plus de onze millions de déplacés, avec une crise humanitaire majeure. Les appels à la trêve sont jusqu’à présent restés sans effet alors que les deux camps s’équipent d’armes de plus en plus sophistiquées avec l’aide de leurs alliés respectifs.




