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Sa victoire est maigre mais Rishi Sunak a quand même tenu à la souligner. Jeudi 18 janvier, le premier ministre britannique a convoqué les journalistes à Downing Street pour se féliciter de ce que son projet de loi « sûreté du Rwanda » ait finalement été adopté en troisième lecture à la Chambre des communes, la veille au soir. Une soixantaine de députés de son propre camp conservateur ont bien tenté de l’amender pour l’affermir, estimant qu’en l’état il n’était pas assez dur, mais ces rebelles, appartenant tous à la droite des tories, n’ont pas eu le cran d’aller jusqu’à voter contre.

Débitant un bref discours derrière un étroit pupitre barré du slogan « Stop the boats » (« arrêtons les bateaux »), Rishi Sunak a assuré « avoir un plan », grâce à ce texte législatif, pour limiter les arrivées de migrants depuis les côtes belge et française – environ 30 000 personnes ont fait la traversée en 2023. Le projet de loi doit enfin rendre opérationnel l’accord signé avec Kigali il y a près de deux ans, pour transférer vers le Rwanda les demandeurs d’asile arrivés au Royaume-Uni dans des « small boats » (« bateaux pneumatiques »), afin que leur demande soit traitée sur place et acceptée, ou pas, par ce pays d’Afrique de l’Est. Cet accord constitue « l’instrument de dissuasion indispensable » pour limiter l’immigration illégale et « reprendre le contrôle de nos frontières », a insisté le premier ministre.

Mais son point de presse avait surtout pour but de mettre la pression sur la Chambre des lords, qui doit examiner, amender puis valider le projet de loi. « La question est de savoir si l’opposition [travailliste] et la Chambre des lords vont tenter de faire obstruction à la volonté des citoyens exprimée par les députés. Ou s’ils vont faire ce qui est juste et soutenir le texte », a interrogé tout haut Rishi Sunak. Les tories n’ayant pas de majorité à la Chambre haute de Westminster et cette dernière étant composée d’un grand nombre de juristes, la partie s’annonce compliquée.

Rhétorique souverainiste des brexiters

Car ce texte de loi flirte encore plus que les précédentes lois migratoires conservatrices avec les dispositions constitutionnelles britanniques et les obligations internationales du Royaume-Uni, signataire de la Convention européenne des droits de l’homme et de la Convention de Genève sur les réfugiés. Le projet de loi a été rédigé en urgence par Downing Street, fin 2023, dans le but, contesté, de contourner une décision de novembre 2023 de la Cour suprême britannique déclarant illégales les déportations de demandeurs d’asile vers le Rwanda.

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