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Pas de « conséquences définitives », mais « des effets immédiats ». En présentant, jeudi 18 janvier, le bilan 2023 du Grand Port maritime de Marseille (GPMM), Christophe Castaner, président de son conseil de surveillance, a confirmé que les tensions en mer Rouge perturbaient directement, depuis la mi-décembre 2023, l’activité des bassins marseillais.

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Les attaques des rebelles yéménites houthistes contre les navires de commerce passant par le canal de Suez, au nom de la solidarité avec les Palestiniens de Gaza, ont provoqué « des décalages de l’ordre de deux à trois semaines » sur les arrivées prévues à Marseille-Fos, selon l’ancien ministre de l’intérieur. Un retard dû au rallongement du temps de transport pour des porte-conteneurs et des vraquiers en provenance de Chine, d’Inde ou du Moyen-Orient, forcés d’emprunter la route maritime contournant l’Afrique, via le cap de Bonne-Espérance.

Si le GPMM annonce une baisse de 7 % de son trafic global à 72 millions de tonnes en 2023 (− 11 % pour les seules marchandises), principalement en raison du ralentissement des échanges avec la Chine, sa gouvernance assure ne pas pouvoir chiffrer encore l’impact direct des attaques en mer Rouge, par laquelle transite environ 12 % du commerce mondial. « Aujourd’hui, il n’y a pas d’effet massif sur les flux, mais on peut légitimement penser que, si cela perdurait, il y en aurait », estime M. Castaner.

Conséquences brutales chez les dockers

« Globalement, ce n’est pas bon pour nous », reconnaît, de son côté, le président du directoire, Hervé Martel, qui redoute que le détour imposé pousse les armateurs à privilégier les ports du nord de l’Europe, au détriment de la Méditerranée. Autre crainte partagée par la place portuaire : la possibilité de voir les plus gros porte-conteneurs passés ces derniers jours par le cap de Bonne-Espérance débarquer l’essentiel de leur chargement avant Marseille. « Les ports marocains pourraient monter en puissance, avec des effets de transbordement », note Christophe Castaner. Alors desservi par des unités plus petites qui caboteraient en Méditerranée, le Grand Port maritime de Marseille se verrait ainsi privé d’une partie du volume de conteneurs qu’il traite habituellement.

Les retards dans les escales ont déjà des effets sur les métiers du GPMM, notamment sur les bassins ouest, dévolus aux marchandises. Les pilotes, habitués à guider une moyenne de cinq porte-conteneurs géants par semaine, ont vu cette partie de leur activité s’effacer pendant une vingtaine de jours. Chez les dockers, les conséquences sont encore plus brutales.

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