
Au moins 46 personnes ont été tuées, samedi 14 février, dans l’attaque par des hommes armés de trois villages de l’Etat du Niger, dans le centre-ouest du Nigeria, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de source humanitaire.
Selon cette source humanitaire qui a requis l’anonymat, « 38 personnes ont été tuées par balles ou égorgées » dans le village de Konkoso, « sept ont été tuées à Tungan Makeri » et « une personne a été tuée à Pissa », trois localités situées dans le gouvernement local de Borgu, à la frontière avec l’Etat de Kwara où plus de 160 personnes ont été massacrées par des djihadistes au début de février.
La recrudescence des attaques meurtrières et des enlèvements de masse a attiré l’attention sur la situation sécuritaire du pays, surtout celle des Etats-Unis, qui ont critiqué l’incapacité du Nigeria à endiguer les violences.
Le Nigeria est confronté à une insurrection djihadiste depuis plus de seize ans dans le nord-est, à un conflit entre agriculteurs et éleveurs dans le centre-nord, à des violences séparatistes dans le sud-est et à des enlèvements contre rançon dans le nord-ouest, qui pourraient gagner progressivement le sud-ouest, jusque-là relativement plus sûr.
Insécurité croissante dans les pays voisins
Des groupes djihadistes opèrent aussi dans le nord-ouest et le centre-ouest, dynamisés par l’insécurité croissante dans les pays voisins, comme le Niger et le Burkina Faso. De nombreux gangs armés, localement appelés « bandits », sévissent également, pillent les villages, tuent et enlèvent les habitants.
La source humanitaire a précisé qu’« environ 80 % des maisons de Konkoso ont été incendiées » et que « d’autres cadavres sont en cours de récupération ». La police de l’Etat du Niger a confirmé l’attaque de Tungan Makeri.
« A environ 6 heures du matin, des bandits présumés ont envahi le village de Tungan Makeri (…) et six personnes ont perdu la vie pendant l’attaque », a affirmé un porte-parole de la police à l’AFP.
« Certaines maisons ont été incendiées et un nombre encore indéterminé de personnes ont été enlevées », a-t-il ajouté, précisant être encore à la recherche d’informations sur les attaques des deux autres villages. Selon un rapport sécuritaire consulté par l’AFP, les bandits « ont opéré au moyen de 41 motos, chacune portant deux ou trois hommes ».
Repère de bandits et djihadistes
La frontière entre les Etats de Kwara et du Niger abrite la forêt de Kainji, repère notoire de bandits et de djihadistes. Au début de février, plus de 160 personnes ont été massacrées dans le village de Woro, dans l’Etat de Kwara, par des djihadistes.
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En octobre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida, avait revendiqué sa première attaque sur le sol nigérian près de Woro. Plus de 250 enfants d’un internat catholique de Papiri, dans le même Etat du Niger, avaient été enlevés en novembre. Ils ont depuis été libérés.
Selon des médias nigérians, des responsables religieux et communautaires de la circonscription de Borgu ont appelé la semaine dernière le président, Bola Tinubu, à installer une base militaire à proximité afin de mettre un terme aux attaques récurrentes.
L’insécurité au Nigeria est devenue un sujet d’intérêt pour les Etats-Unis, dont le président, Donald Trump, affirme que les chrétiens du Nigeria sont « persécutés » et victimes d’un « génocide » perpétré par des « terroristes ».
Abuja et la majorité des experts nient fermement les violences touchant en général indifféremment chrétiens et musulmans. L’armée américaine, en coordination avec les autorités nigérianes, a mené des frappes dans l’Etat de Sokoto le jour de Noël, visant, selon elle, des membres de l’Etat islamique. Depuis, la coopération militaire entre les deux pays s’est renforcée.



