Des soldats nigérians lors d’une visite du chef de l’armée au camp Maimalari, à Maiduguri, dans l’Etat de Borno, au Nigeria, le 7 novembre 2025.

Une semaine après leur enlèvement par de supposés djihadistes, 12 jeunes femmes de l’Etat de Borno, dans le Nord-Est nigérian, ont été relâchées, samedi 29 novembre au soir, par leurs ravisseurs, a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) un élu local.

Cette libération intervient alors que le pays le plus peuplé d’Afrique connaît un regain d’enlèvements de masse depuis la mi-novembre. Cette pratique s’est répandue depuis le kidnapping de près de 300 jeunes filles à Chibok, dans le même Etat de Borno, en 2014 par Boko Haram.

Abubakar Mazhinyi, président du gouvernement local d’Askira-Uba, a annoncé que les jeunes femmes avaient été conduites à l’hôpital. Les ravisseurs djihadistes « ont parlé avec les parents qui sont allés les chercher dans la brousse », a poursuivi l’élu. Selon M. Mazhinyi, aucune rançon n’a été versée et les djihadistes ont relâché les jeunes femmes parce qu’ils fuyaient l’armée à leurs trousses.

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Treize jeunes femmes âgées de 16 à 23 ans avaient été kidnappées près de leurs fermes le 22 novembre, dans une zone proche d’une réserve naturelle devenue un sanctuaire djihadiste. L’une d’elles a été libérée après avoir dit à ses ravisseurs qu’elle allaitait son bébé.

Des centaines de personnes kidnappées dans le pays

L’Etat de Borno est l’épicentre d’un conflit djihadiste commencé il y a seize ans par Boko Haram. Bien qu’affaibli depuis son apogée, il y a dix ans, le groupe terroriste est toujours actif, tout comme son rival, l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest. L’insurrection djihadiste a fait plus de 40 000 morts et déplacé plus de deux millions de personnes, selon les Nations unies.

Ces deux dernières semaines, plusieurs centaines de personnes ont été kidnappées dans le pays : plus de 300 élèves et enseignants d’une école catholique à Papiri (Etat de Niger), 25 lycéennes musulmanes dans un internat à Maga (Kebbi), 38 fidèles d’une église à Eruku et 10 habitants d’Ispa (Kwara), en plus des 13 jeunes filles dans l’Etat de Borno. Quelque 265 élèves de l’école de Papiri sont toujours introuvables.

Ces enlèvements non revendiqués ne sont pas nécessairement le fait de djihadistes : des gangs armés appelés « bandits » sillonnent les campagnes du pays, pillent les villages, terrorisent les habitants qu’ils kidnappent contre rançon ou tuent.

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Le Monde avec AFP

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