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Histoires Web mercredi, février 21
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« Populaire ? » : sous ce titre interrogatif, le MuCEM montrera désormais une anthologie de ses collections permanentes au rez-de-chaussée du bâtiment. La première présentation occupe 1 200 mètres carrés et donne à voir dans les vitrines et sur des socles plus de 1 200 pièces de toutes natures et de tous usages, de la robe de mariée à la pipe en faïence, des santons provençaux aux statuettes des Beatles, de l’ex-voto au graffiti. Elle a été conçue pour rendre visible l’abondance et la variété des collections du MuCEM.

Ce sont, pour l’essentiel, celles de feu le Musée des arts et des traditions populaires (ATP), fondé en 1937, au Palais de Chaillot, par le conservateur Georges-Henri Rivière (1897-1985). Après bien des déboires, le musée ouvre enfin en 1972, dans le bâtiment conçu pour lui en lisière du bois de Boulogne. Si les premières années sont brillantes, la fréquentation décline bientôt, et les ATP ferment en 2005, les fonds étant transférés à Marseille, au MuCEM, ouvert en 2013. Voilà pourquoi celui-ci détient à l’heure actuelle plus de 350 000 objets, 450 000 photographies et plus de 1 kilomètre de livres et d’archives.

Une partie de ces richesses a été montrée depuis 2013 dans des expositions temporaires dans les différents espaces du bâtiment et, à l’hiver 2018-2019, l’une d’elles, de vastes dimensions, a été consacrée à Rivière, à sa trajectoire et à son action.

Bazar surabondant

La présentation actuelle s’inscrit dans la continuité de ces manifestations, qui ont permis de connaître sinon la totalité, du moins une partie représentative de ces fonds. Elles le faisaient selon des thèmes circonscrits et des problématiques définies. « Populaire ? » prend imprudemment le parti inverse : juxtaposer de tout au fil d’une déambulation zigzagante. Il faut de l’endurance et une attention soutenue pour ne rien manquer. On en est récompensé par quelques découvertes, même si, en dix ans, le MuCEM a déjà largement œuvré dans ce registre. La diversité des pièces étant extrême, l’exposition tourne à la foire aux surprises, tantôt puces de Saint-Ouen, tantôt Salon des antiquaires.

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Mais ce bazar surabondant n’est organisé par aucune méthode qui la rende démonstrative. Les seuls principes de classement repérables opèrent l’un selon les matériaux – corne, métal, verre, céramique, etc. – et l’autre selon les techniques – peinture, sculpture, menuiserie, coiffure, etc. Il n’y a rien à déduire de tels rapprochements formels. On aurait pu s’attendre à ce que l’anthropologie, l’ethnographie, la sociologie et l’histoire soient mises à contribution, afin d’opérer des distinctions. Mais ces disciplines semblent ici inconnues.

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