Comment fonctionne la succession en Iran après la mort du Guide suprême, Ali Khamenei ?
La mort, samedi, du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, après près de trente-sept ans au pouvoir, ouvre une période d’incertitude majeure en Iran et enclenche un mécanisme de succession, rappelle l’agence Associated Press. La question de la succession de l’ayatollah n’avait jamais été soulevée publiquement. Pourtant, selon la constitution iranienne, le Guide suprême est nommé par une Assemblée d’experts composée de 88 membres du clergé.
Conformément à la Constitution, un conseil provisoire a été mis en place dimanche pour assurer la continuité du pouvoir. L’ayatollah Alireza Arafi a été nommé à la tête du conseil des dirigeants, un organe chargé de remplir le rôle du Guide suprême dans l’attente de nouvelles élections, a rapporté l’agence de presse ISNA. Membre du Conseil des gardiens, Alireza Arafi siégera aux côtés du président, Massoud Pezeshkian, et du chef de la justice, Gholamhossein Mohseni Ejei.
En parallèle, l’Assemblée des experts – l’organe de 88 religieux chiites élus pour huit ans – doit désigner « dans les plus brefs délais » un nouveau Guide suprême, conformément au droit iranien.
Les candidatures à cette assemblée sont validées par le Conseil des gardiens, connu pour écarter des prétendants jugés indésirables. En mars 2024, l’ancien président, Hassan Rohani, avait ainsi été disqualifié. Les tractations autour de la succession se déroulent traditionnellement dans la plus grande opacité. Longtemps pressenti comme possible successeur, le président ultraconservateur Ebrahim Raïssi est mort dans un accident d’hélicoptère en mai 2024.
Les noms du président iranien, Massoud Pezeshkian, ou celui d’Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale, sont évoqués pour remplacer Ali Khamenei. Celui de Mojtaba Khamenei, fils du Guide suprême et religieux chiite de 56 ans, est également évoqué, bien qu’il n’ait jamais occupé de fonction officielle. Un passage du pouvoir de père en fils pourrait toutefois susciter des critiques, y compris parmi certains soutiens du régime, dans un pays marqué par la chute en 1979 du shah Mohammad Reza Pahlavi. La République islamique n’a connu qu’une seule transition à ce poste depuis la révolution de 1979 : en 1989, après la mort du grand ayatollah Ruhollah Khomeyni.
Le Guide suprême détient l’autorité ultime en Iran. Il est le chef des forces armées et du Corps des gardiens de la Révolution islamique, pilier sécuritaire et acteur économique majeur du pays, placé au cœur de la stratégie régionale iranienne face aux États-Unis et à Israël.




