Histoires Web mercredi, février 18
Au Japon, le redémarrage de la plus grande centrale nucléaire du monde suspendu, quelques heures après le début du processus

Le redémarrage aura duré moins de vingt-quatre heures. La remise en marche de la plus grande centrale nucléaire du monde a été suspendu, jeudi 22 janvier, au Japon, quelques heures seulement après le début du processus, a confirmé son opérateur à l’Agence France-Presse (AFP), assurant que le réacteur était « stable ».

Les opérations pour relancer un réacteur de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Centre-Ouest), à l’arrêt depuis la catastrophe de Fukushima, en 2011, ont commencé mercredi soir après avoir reçu le mois dernier l’aval du gouverneur du département de Niigata, où elle se trouve.

« Une alarme du système de surveillance (…) s’est déclenchée pendant les procédures de démarrage du réacteur, et les opérations sont actuellement suspendues », a déclaré à l’AFP Takashi Kobayashi, porte-parole de l’opérateur Tokyo Electric Power Company (Tepco).

« Le réacteur est stable et il n’y a aucune incidence de radioactivité à l’extérieur », a-t-il ajouté, précisant que Tepco « enquête actuellement sur la cause » de l’incident et n’est pas en mesure d’annoncer quand les opérations reprendront.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au Japon, le démantèlement de la centrale de Fukushima, un chantier complexe sans cesse repoussé

Le redémarrage, initialement prévu mardi, avait été retardé après la détection ce week-end d’un problème technique, lié à une alarme du réacteur, résolu dimanche, selon Tepco. L’unité no 6 de Kashiwazaki-Kariwa est le premier des réacteurs nucléaires de Tepco, qui est également l’opérateur de la centrale sinistrée de Fukushima Daiichi, à redémarrer.

La population très divisée

La centrale de Kashiwazaki-Kariwa avait été mise à l’arrêt lorsque le Japon a fermé tous ses réacteurs nucléaires après le triple désastre – séisme, tsunami et catastrophe nucléaire – de Fukushima, en mars 2011.

La population de Niigata est très divisée sur le sujet : selon une enquête menée en septembre par le département, 60 % des habitants étaient opposés au redémarrage, contre 37 % qui le soutenaient.

« L’électricité de Tokyo est produite à Kashiwazaki, et il faudrait que seuls les riverains soient en danger ? Cela n’a aucun sens », a déploré Yumiko Abe, une habitante de 73 ans interrogée par l’AFP cette semaine lors d’une manifestation devant la centrale.

Près de quinze ans après la catastrophe, « la situation n’est toujours pas maîtrisée à Fukushima. Et Tepco veut relancer une centrale ? Pour moi, c’est absolument inacceptable », s’est quant à lui indigné Keisuke Abe, 81 ans.

Newsletter

« Chaleur humaine »

Comment faire face au défi climatique ? Chaque semaine, nos meilleurs articles sur le sujet

S’inscrire

Plusieurs associations ont remis au début de janvier une pétition contre la relance de comportant près de 40 000 signatures à Tepco et à l’Autorité japonaise de régulation nucléaire, rappelant que la centrale se trouve sur une zone sismique active où a eu lieu un violent séisme en 2007.

Lire : Fukushima : que s’est-il passé il y a 11 ans ?

Le Monde avec AFP

Share.
Exit mobile version