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La neige tombe sur Nanao. Sur les hauteurs de la ville de la péninsule de Noto (centre du Japon), sinistrée par le violent séisme du 1ᵉʳ janvier, la famille Terada profite d’une distribution de ramen devant un centre d’évacuation. Le plat chaud fait du bien. Le tremblement de terre a endommagé les réseaux de gaz et d’eau : impossible de cuisiner chez soi.

Les deux enfants apprécient, d’autant qu’ils n’ont pas vraiment conscience de la gravité de la situation. « A 2 et 4 ans, ils sont encore petits », explique la mère, Yuko, qui s’efforce malgré tout de leur cacher son inquiétude. La maison familiale a tenu, mais « il y a beaucoup de répliques qui font peur ».

Les répliques, les conditions précaires des centres d’évacuation, le changement de cadre de vie, voire la perte d’un proche, bouleversent le quotidien des plus jeunes en cas de catastrophe. Une enquête menée par le ministère de l’éducation après le tremblement de terre du 11 mars 2011, dans l’est de l’Archipel, avait révélé que 18 % des écoliers du primaire et 12 % des collégiens souffraient du syndrome de stress post-traumatique. Les troubles peuvent mettre du temps à se manifester. Le conseil de l’éducation du département du Hyogo (ouest) avait établi, après le séisme de 1995 à Kobé, que le nombre d’enfants ayant besoin de soins psychologiques avait atteint son maximum trois ans après la catastrophe.

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Dans la péninsule de Noto, où le tremblement de terre a fait 232 morts, dont un enfant de 5 ans, 21 disparus et plus de 1 000 blessés, des cas similaires sont attendus. « Les enfants nous demandent souvent quand nous rentrerons à la maison. Nous ne pouvons pas leur répondre, car elle est très endommagée. Mais j’ai l’impression qu’ils ont moins peur car nous sommes ensemble », explique une mère de trois enfants. La famille vit aujourd’hui dans une salle de classe d’un lycée de Suzu, ville touchée par le séisme, mais aussi par un tsunami.

« Donner l’impression d’un voyage »

La fréquence des catastrophes au Japon incite les autorités à multiplier les conseils aux parents pour atténuer le choc d’une évacuation forcée avec des enfants. « Si c’est possible, vous pouvez passer un peu de temps à l’hôtel pour donner l’impression d’un voyage. Certaines municipalités prennent en charge une partie des frais d’hébergement, explique la chaîne publique NHK sur son site consacré aux catastrophes. Les enfants peuvent être agités dans les centres d’évacuation, surtout si le lieu leur est inconnu. Pour les aider à se détendre, apportez des friandises et des jouets familiers. Si vous vous inquiétez du bruit généré, pensez à des livres de coloriage ou des cartes à jouer. »

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