A la fin de février, Couthures-sur-Garonne était sous l’eau et faisait l’ouverture des journaux télévisés pour évoquer les inondations dans le sud-ouest de la France. Dans quatre mois, ce village de 360 habitants, situé dans le Lot-et-Garonne, accueillera comme de coutume le Festival international de journalisme. En dix ans, cet événement s’est imposé comme le rendez-vous de celles et ceux qui considèrent que le décryptage de l’actualité et la liberté d’informer – et de s’informer – sont deux éléments essentiels de la compréhension du monde et de la formation des citoyens et citoyennes dans les sociétés démocratiques.
A l’occasion de son dixième anniversaire, l’événement organisé par le Groupe Le Monde et par Le Nouvel Obs accueillera un invité d’honneur particulièrement prestigieux : le journaliste russe Dmitri Mouratov, co-lauréat du Prix Nobel de la paix en 2021 (avec la journaliste philippine Maria Ressa) et rédacteur en chef du média indépendant Novaïa Gazeta, dont la plupart des journalistes ont été contraints à l’exil. Lui a fait le choix de rester à Moscou, où il tente de continuer à exercer son métier, dans les conditions que l’on imagine.

Il interviendra notamment dans le cadre de la thématique « Zones interdites aux journalistes : informer malgré tout », où l’on évoquera ces régions du monde auxquelles il devient de plus en plus difficile – voire impossible – aux médias d’accéder : la Russie, mais aussi Gaza, l’Iran, le Sahel et de nombreux pays gouvernés par des régimes autoritaires. En miroir, la thématique « Menaces sur le journalisme d’investigation » évoquera les difficultés que peuvent rencontrer, y compris dans les sociétés démocratiques, celles et ceux qui pratiquent cet exercice, face aux tentatives de pression ou d’intimidation.
Le choix des sept thématiques qui constituent la colonne vertébrale du Festival international de journalisme a été en 2026 plus cornélien que jamais, tant l’actualité est riche et le monde de l’information confronté à de nombreux défis. Appelés à se prononcer à l’automne 2025 sur la thématique de leur choix, les festivaliers et les directions des rédactions des six titres organisateurs du festival (Courrier international, Le HuffPost, Le Monde, Le Nouvel Obs, Télérama et La Vie) ont choisi à l’unisson « L’IA, alliée ou ennemie de l’information ? ». Où l’on évoquera aussi bien cet incroyable levier de désinformation que constitue l’intelligence artificielle que la façon dont les médias s’en emparent comme d’un outil pour mieux remplir leur mission d’informer.
De nombreux journalistes du « Monde »
Trois autres thématiques seront consacrées à des sujets d’actualité. « La question migratoire, miroir d’une société fracturée » s’intéressera à un sujet qui pèsera sur la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 et semble devenu une question universelle, alimentant les succès de l’extrême droite et du populisme dans le monde. « Féminisme, égalité, #MeToo : le temps du contrecoup ? » tentera d’analyser les ressorts du retour de bâton qui menace aujourd’hui les avancées de ces dernières décennies en matière de droits des femmes et de rapports entre genres.
Comme il n’est évidemment pas question de négliger les questions environnementales et l’urgence climatique au Festival international de journalisme, on se demandera « Peut-on encore croire à la transition écologique ? » en faisant le constat de l’aveuglement du monde politique, mais plus largement de nos sociétés face à ces menaces qui pèsent sur leur existence même. Il faut bien le reconnaître, tout cela n’est pas follement gai : aussi, à l’occasion du dixième anniversaire du festival, la septième thématique s’intéressera-t-elle au besoin de communion collective qui nous anime et tentera de répondre à la question : « Faire la fête, à quoi ça sert ? ».
Le Festival proposera près de 250 rendez-vous sur trois jours : au-delà des sept thématiques, des rencontres et débats, des expositions et spectacles, des projections de films et de documentaires, des ateliers et moments festifs. S’y ajouteront les dégustations et rencontres avec les producteurs proposées par les partenaires du festival que sont les Vignobles du Sud-Ouest et l’Agence de l’alimentation Nouvelle-Aquitaine. Et pour les enfants des festivaliers, à partir de l’âge de 6 ans, la découverte du journalisme dans le cadre du Festival junior.
Si le festival se revendique comme celui de tous les journalismes et propose au grand public de rencontrer aussi bien des journalistes venus de la télé, de la radio, de la presse écrite et de l’univers numérique que des médias nationaux, internationaux et locaux, il est aussi l’occasion de discuter avec de nombreux journalistes du Monde, présents comme invités ou pour animer rencontres et débats.
Sont attendus à Couthures cet été : Ghazal Golshiri et Benjamin Quénelle, du service International, Lorraine de Foucher, Julia Pascual et Jérôme Lefilliâtre, du service Société, Iris Derœux et Anne Michel, des Décodeurs, Morgane Tual, de Pixels, David Larousserie, du service Sciences, Isabelle Hennebelle et Joséfa Lopez, du service Evénements, Léo Pajon et Laure Gasparotto, respectivement spécialistes de la gastronomie et des vins, Claire Mayer, correspondante du journal à Bordeaux, Françoise Tovo, directrice déléguée, et Ariane Chemin, grand reporter.
Louis Dreyfus, le président du directoire du Groupe Le Monde, sera également présent, de même que Didier Pourquery, nouveau président de la Société des lecteurs du Monde. Lecteurs, lectrices, patrons de presse et journalistes : tous ont rendez-vous sur les bords de la Garonne du 10 au 12 juillet.
Informations et billetterie : festivalinternationaldejournalisme.com




